Janvier 2020

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Patrick a parlé du livre posthume et inachevé de Jean d'Ormesson publié par sa fille Héloïse : L'espérance en héritage (réunit Comme un chant d'espérance, Guide des égarés et Un hosanna sans fin). Agnostique, Jean d'O (comme disent les journalistes) parle beaucoup de Dieu et de l'univers.

Patrick nous a expliqué l'histoire de l'univers avec des formules mathématiques, à base de nombres premiers. J'avoue que j'ai décroché et je vous renvoie vers le livre si ça vous tente ! En fin de compte, la philosophie de J. d'O est : on ne sait rien ! Un livre accessible pour quelqu'un de normalement constitué, mais il faut quand même un peu de motivation.

 

 

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Marie-Séverine a aimé Le bal des folles, de Victoria Mas, mais certaines choses l'ont dérangée : certains aspects ésotériques, le fait que l'héroïne communique avec les défunts. Ce qui l'a intéressée, par contre, c'est le contexte historique (le 19e siècle) et l'aspect social.

 

 

 

 

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Elle a aussi parlé d'Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse. Fascinée par le personnage, Marie-Séverine a vu le film documentaire consacré à Vivian Maier, ce qui l'a poussée à lire le roman tiré de sa vie. Cette femme a passé sa vie à photographier l'Amérique, de façon cachée, avait des origines françaises (sa mère), a passé une petite partie de sa vie dans les Alpes. On a découvert un peu par hasard ses photos après sa mort, et par la même occasion son talent extraordinaire. Toute sa vie, elle a été nounou dans des familles bourgeoises.

Le livre de G. Josse dresse le portrait de cette femme à la personnalité tourmentée, pas toujours très sympathique, mais géniale sur le plan artistique.

 

 

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Annick a aussi parlé d'un livre de Gaëlle Josse : Nos vies désaccordées. C'est la description de quelqu'un qui devient fou. C'est un petit livre très prenant. Une femme musicienne écoute son mari pianiste de renommée internationale, elle va de plus en plus mal. À ne pas lire quand on déprime...

Guillemette a mis un petit bémol, ce livre n'est pas celui qu'elle préfère de cette romancière, et qui plus est, son écriture manque un peu de recherche.

 

 

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Béatrice a beaucoup aimé le livre d'Akira Mizubayashi : Âme brisée. Béatrice, qui est musicienne professionnelle, a trouvé néanmoins que l'auteur donne trop de détails pédagogiques, ça l'a agacée. Mais peut-être est-ce utile aux néophytes ? C'est un livre qui « parle » aux musiciens, car A. M. est manifestement très au fait de tout ce qui est musique.

Béatrice l'a trouvé très touchant, l'histoire est très belle, et c'est très bien écrit. L’âme brisée, bien sûr, c'est celle du violon, mais il y a aussi un jeu de mot. À lire !

 

 

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J'ai bien aimé un petit roman japonais intitulé La fille de la supérette, de Sayaka Murata, paru en France précédemment sous le titre Konbini. C'est un roman écrit par une jeune femme, qui a obtenu le prix Akutagawa, l'équivalent japonais du prix Goncourt. L'héroïne est une jeune femme qui dès l'enfance se distingue par ses goûts différents de ses camarades. Il faut savoir qu'au Japon, les supérettes appelés Konbini sont ouvertes tous les jours et 24 heures sur 24. Les employés sont des étudiants qui financent leurs études de cette façon, et ne restent pas très longtemps. Keiko, elle, s'obstine à rester malgré ses études et de plus, elle aime son métier ! Pas mariée, sans enfant, elle suscite des commentaires et des reproches car elle ne rentre pas dans le moule de la société. Lassée de cela, elle met en place un plan pour qu'on lui fiche la paix...

Une sorte de sushi littéraire, un petit roman qui est aussi une satire sociale.

 

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Guillemette a lu Les livres de Jakob, ou, Le grand voyage à travers sept frontières, cinq langues, trois grandes religions et d'autres moindres rapporté par les défunts, leur récit se voit complété par l'auteure, selon la méthode des conjectures puisées en divers livres, mais aussi secourues par l'imagination qui est le plus grand don naturel reçu par l'homme, d'Olga Tokarczuk. Le plus long titre jamais cité depuis la création du club de lecteurs ! C'est le livre de celle qui a reçu le prix Nobel « alternatif » en 2018. Guillemette a adoré, même si le livre fait plus de mille pages. C'est un roman historique basé sur des faits réels en Pologne entre 1750 et 1800 environ. Ça se passe donc en Pologne, où les paysans sont inféodés, où les juifs sont admis mais ils font du commerce que les catholiques n'ont pas le droit de faire. O. T. nous raconte l'histoire d'un messie qui arrive, un certain Jakob Frank. On suit son évolution, ses errances, ses dogmes, etc. C'est passionnant, on apprend beaucoup de choses sur ce pays. À cette époque, la Pologne est très petite, ce n'est pas celle d'aujourd'hui. C'est aussi un pays qui a beaucoup de relations avec d'autres. Guillemette conseille de prendre des notes car les personnages changent de nom quand ils se convertissent ! Il n'y a pas d'index ni des personnages ni des noms en yiddish, en polonais, en grec, en turc etc. Le livre est le fruit d'une somme de travail énorme.

Gros coup de cœur de Guillemette !

 

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Autre univers, celui de Ken Liu lu par Brigitte : La grâce des rois. C'est un roman classé en heroic fantasy à la médiathèque, plus précisément, il relève du "steampunk". Brigitte y a pris beaucoup de plaisir, ce n'est pas cucu ! (sic). C'est un livre agréable à lire, le thème est intéressant : il y a deux personnages qui veulent le bien du peuple, un dictateur et un autre. En résumé, il s'agit du portrait de deux personnes qui se plantent complètement en croyant faire le bien d'une nation. L'auteur est né en Chine en 1976 et s'est installé avec sa famille aux États-Unis où il vit maintenant.
C'est un livre destiné selon Brigitte aux jeunes adultes. Un genre à découvrir.

 

 

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Nous avions déjà évoqué au club de lecteurs L'homme qui mit fin à l'histoire, un roman à la fois de science-fiction et historique sur les exactions japonaises en Chine pendant la seconde guerre mondiale.

Bien ficelé et instructif également.

 

 

 

 

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Mireille a beaucoup beaucoup aimé L'évangile selon Yong Cheng de Dai Sijie, (l'auteur du mémorable Balzac et la petite tailleuse chinoise). On est plongé dans la Chine méridionale du début du Xxe siècle. Le héros est fils de menuisier, qui est placé chez un pasteur. Il devient le premier pasteur chinois. Il lui arrive de nombreuses épreuves qu'il traverse sans mettre en cause sa foi. Arrive la révolution, la Chine populaire, sa fille embrigadée le renie, etc. On lui interdit aussi d'officier en tant que pasteur, il n'a plus rien, mais il survit jusqu'au bout. On parlerait aujourd'hui de résilience. C'est l'histoire du grand-père de Dai Sijie.

Mireille a trouvé ce roman enthousiasmant car c'est un portrait de la nature humaine et de tout ce qu'elle peut supporter.

 

 

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Édith n'a pas aimé Valentine, le livre d'Anne-Laure Bondoux, "un club des cinq pour adultes !"

C'est l'histoire d'une femme de quarante-huit ans qui parle à son chat et à sa mère morte. Ce n'est pas mauvais, mais c'est insipide. C'est un faire-valoir pour les bons livres que nous aimons habituellement au club de lecteurs, sic Édith... Passons.

 

 

 

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Du coup, elle a lu le dernier livre de Philippe Djian : Les inéquitables.

C'est nettement mieux, il y a une écriture, mais ce n'est quand même pas un chef d’œuvre.

 

 

 

 

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Bon, Édith a quand même eu un gros coup de cœur grâce à Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert. C'est un roman qui commence en Libye, sur la Méditerranée, dans un camp de réfugiés. Il y a trois femme très différentes, Chochana, une nigériane juive qui fuit la sécheresse. Il y a aussi Semhar, une érythréenne, catholique orthodoxe, qui fuit un dictateur. La troisième, Dima est une petite bourgeoise syrienne musulmane. Elles ont toutes de sérieuses raisons de fuir leur pays. L'auteur donne une humanité à ces femmes jeunes. C'est un sujet grave, mais le roman est plein d'humour et de finesse. La France n'est pas épargnée dans le roman aux yeux des réfugiés qui cherchent un endroit où être accueillis correctement... Un vrai roman magnifique !

 

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Angélique a aimé Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin. Elle s'attendait à un livre plutôt morbide, parce qu'il s'agit de l'histoire d'une femme qui devient gardienne de cimetière, et c'est en fait un livre plein de vie. C'est un livre prenant qu’Angélique a eu hâte de finir. Un livre qui fait du bien et qui est une leçon de vie. On a une vraie histoire, une vraie intrigue, ce n'est pas cucu la praline selon Marie-Séverine qui l'a aussi lu. Ce n'est pas le même genre de livre que ceux d'Aurélie Valognes par exemple... dont on devine à l'avance ce qui est écrit par la suite.

Un livre touchant, qu'on peut offrir à ceux qui ont besoin de réconfort.

 

Décembre 2019

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Marie-Séverine a aimé Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi-Mairesse. C'est un premier roman, sur fond de génocide du Rwanda, en 1994. On y voit les conséquences sur les vies des familles. On y suit trois générations. C'est un livre plein de poésie, qui expose les faits vus de l'intérieur de la famille. Les liens distendus entre la grand-mère, la fille et le petit fils se refont grâce ou malgré la guerre et ses horreurs. Le petit-fils vit en France, une partie de sa famille est martiniquaise.  Recommandé par Marie-Séverine !

 

 

 

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Guillemette a choisi de nous conseiller Les simples de Yannick Grannec. Les simples, ce sont les plantes médicinales cultivées par des sœurs dans une abbaye au 16e siècle, en Provence. On y découvre la vie de deux types de sœurs, celles qui soignent grâce à ces plantes et les sœurs de chœur qui sont issues de familles riches et dispensées de travail. Le livre raconte les luttes de pouvoirs d'un évêque qui arrive dans cet univers et qui sème le trouble. Il se retrouve face à un procès en sorcellerie qui le met à mal. Guillemette a appris plein de choses historiques sur cette période et cet univers si particulier. Chaque personnage est intéressant. Un roman « sacrément historique », certainement le fruit d'un long travail de recherche. 

 

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Anne a lu Une odyssée de Daniel Mendelssohn (né en 1960) L'auteur est professeur de littérature ancienne aux États-Unis. Il parle de son cours sur l'Odyssée d'Homère, et de son père qui souhaite assister à son cours. Il fait un parallèle entre sa relation avec son père et celle de Ulysse avec son fils Télémaque. Son livre est extraordinaire !  Très émouvant (homosexuel, ses liens sont un peu distants avec son père mais ils se retissent avec le temps). Édith rappelle qu'il est aussi l'auteur du magnifique Les disparus, qui avait marqué les esprits (paru en France en 2006). On ne perd jamais pied avec les personnages qui sont nombreux.

Le livre fait partie d’une trilogie : L’étreinte fugitive, Les disparus, et enfin Une odyssée.

 

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Annick a aimé Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois. Déjà recommandé par Edith, c’est le gros succès de la rentrée. On y lit l’histoire d’un homme qui se retrouve en prison au Canada, et son parcours. Le personnage est très attachant. À lire !

 

 

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Brigitte a aimé le livre de Lluis Llach : Le théâtre des merveilles. C'est une autobiographie fictive, de facture assez factuelle, mais qui devient vite un roman. L'auteur est un célèbre chanteur catalan, né en 1948. Il y raconte donc sa vie mais en y apportant pas mal d'invention. L'homme a été porté vers la belle carrière qui lui a apporté gloire et fortune. Brigitte regrette cependant qu'il soit devenu égoïste car il considère que tout lui est dû, que tout ce que son entourage aimant lui a apporté est un dû, depuis son enfance au Théâtre des merveilles. Pour Guillemette, l'auteur, militant anti-franquiste, a écrit un roman à partir de son histoire mais pas une autobiographe proprement dite. Du coup, il faut le lire en pensant à ce détail. Lu aussi par Édith, elle considère qu'il n'est pas exceptionnel sur le plan de l'écriture. 

 

 

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Édith a parlé de Rouge impératrice de Léonora Miano, une romancière adorée au club de lecteurs. Édith avait adoré Les saisons de la nuit et Crépuscule du tourment. Édith aime les gros livres, MAIS ALORS LÀÀÀÀ ! Indigeste au possible (au début). Le roman est truffé de vocabulaire africain qu'elle a plus ou moins arrangé à sa manière, et que l'on retrouve en partie dans un glossaire à la fin du livre. Du coup, c'est un peu difficile à lire. Il s'agit d'une uchronie qui parle de l'Afrique du futur, une Afrique unifiée, pacifiée, dans un siècle et demi. Il n'y a pas de violence. Les européens viennent immigrer en Afrique. Finalement, Édith trouve ce livre passionnant ! Il y est question aussi de magie, de sciences occultes (ce n'est pas habituellement le truc d’Édith!), mais c'est tellement bien écrit ! En résumé, il faut du temps et de la patience, aimer les choses longues, ne pas avoir peur de la « provoc » littéraire de Léonora Miano. Pour Édith, c'est presque un polar, de très haut niveau.

 

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Patrick a emprunté Science et quête de sens, des études rassemblées par Jean Staune (au rayon sciences). Il y est question de l'univers où nous évoluons. Il y parle du rapport entre le temps et l'univers, à savoir est-ce qu'il existe un temps dans d'autres univers (il existerait d'autres univers !). On y croise les théories d'Einstein, le pendule de Foucault. Avis aux amateurs de sciences, de concepts de temps ! Chaque auteur creuse bien tous les sujets mystérieux sur ces notions.

 

 

 

 

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Anne a parlé du livre d'Olag Tokarczuk, (née en 1962 en Pologne, il a eu le Prix Nobel de littérature « alternatif » avec l'autrichien Peter Handke) Dieu, le temps, les hommes et les anges (paru en France en 1996). C'est un livre qu'Anne voulait avoir absolument dans sa bibliothèque. C'est une écriture extrêmement simple, à tel point que c'en est déroutant. Comme un conte, l'apparence est simple, mais en réalité, c'est un texte complexe. On en reparlera certainement... En attendant, retrouvez à la médiathèque son dernier ouvrage : Les livres de Jakob.

 

 

 

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J'ai évoqué un recueil de textes de Sylvain Tesson sur Notre-Dame de Paris - Ô reine de douleur, conçu après l'incendie de la cathédrale. Il y raconte comment il a effectué sa rééducation après un grave accident en montant et descendant les escaliers des tours. On y apprend aussi qu'il escaladait clandestinement, dans sa jeunesse, les parois gothiques avec des amis, y trouvant un grand plaisir dans le privilège d'y aller et dans la transgression et le risque. Un livre présent à la médiathèque en édition « gros caractères », qu'il ne faut pas hésiter à emprunter même si on n'a pas de problème de vue !

 

Novembre 2019

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Brigitte a parlé de Chris Kraus, un auteur allemand : La fabrique des salauds. L'histoire d’une famille en Europe de l’est, annexée par l’Allemagne. Deux frères et une sœur, elle est adoptée, elle est juive mais personne ne le sait. Les trois enfants adhèrent au parti nazi, comme tout le monde. L’un devient un nazi convaincu, tellement qu’il est rejeté par l’appareil nazi lui-même. Le plus jeune frère est différent, artiste. Il n’y a pas de violence. Les deux frères sont amoureux de la fille… Le livre commence par une scène à l’hôpital où deux hommes sont alités dont le narrateur. Il n’y a pas de longueurs dans ce gros roman. Il s’arrête pendant la guerre froide. Le roman est très complexe, un peu difficile à résumer car il se passe beaucoup de choses. Il y a de l’amour, de l’espionnage, etc. Il est bien écrit et bien traduit. Avec un début, un milieu et une fin. Un livre vraiment conseillé par Brigitte.

 

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Marie-Séverine a parlé de Continuer de Laurent Mauvignier. C’est un roman publié aux éditions de Minuit, qui raconte le périple d’une mère et de son ado au Kirghizstan. Un coup de cœur, bien écrit. Une mère élève son fils, mal dans sa peau, à la suite d’un divorce. Ses camarades de classe l’emmènent dans des dérives d’ado. Elle travaille beaucoup, à l’hôpital. Le fils se retrouve en garde à vue après une grosse bêtise. Elle décide alors de tout quitter pour emmener son fils au Kirghizstan à cheval pendant plusieurs mois. C’est ça ou la prison, pour lui. Du coup, ils partent. On les suit dans leurs rencontres, leurs péripéties. Il y a un problème de communication entre la mère et le fils. Ça n’est pas très facile, ça laisse des traces à la lectrice qu’est Marie-Séverine… Ce qu’elle a aimé aussi, c’est que ça ne donne pas de solutions faciles à ce genre de situation. C’est un hommage au courage de se dire qu’on peut continuer d’avancer malgré les échecs, on fera des rencontres, bonnes ou mauvaises, il faut oser !

 

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 Guillemette a parlé de De pierre et d’os de Bérangère Cournut. Elle s’était déjà bien fait remarquer avec son précédent roman (Née contente à Oraibi). C’est un conte, ça a une portée universelle. C’est une petite fille Inuit qui se retrouve seule sur un bout de banquise qui part à la dérive, et qui doit survivre. B. Cournut n’est pas allée vivre dans le grand Nord, mais elle est anthropologue, et a tout lu sur la question. On assiste à leurs fêtes, ils dansent, chantent, racontent leurs histoires par le chant. C’est un monde animiste, avec des réincarnations, etc. Pour le lecteur, ça devient normal.
Un très beau livre, tant dans le texte que dans la forme, qui contient un dossier à la fin avec des photos.

 

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 Annick a lu Âme brisée d’Akira Mizubayashi. C’est un roman écrit par un auteur japonais, qui est professeur de français dans une université de Tokyo. Il écrit directement en français. Le titre est un jeu de mot à double sens puisqu’il s’agit aussi de l’âme du violon, cette petite pièce qui permet ce son si mélodieux. « C’est une histoire qui est très belle, bercée de musique », nous dit Annick. Le roman commence par une scène dramatique : l’incursion de la police dans une répétition au sein d’un quatuor de musiciens japonais et chinois. L’action se passe en 1938 au Japon. Le fils du violoniste, qui assiste à la scène, se cache dans une armoire alors que les musiciens sont emmenés. Avant de partir, un policier lui donne le violon fracassé de son père, qu’il ne reverra plus jamais.
C’est bien écrit, c’est très beau. Il faut écouter aussi en le lisant le quatuor Rosamunde de Schubert.

 

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Edith a lu le gros livre de Lluis Llach : Le théâtre des merveilles. L’auteur est catalan, c’est un chanteur célèbre à qui son éditeur a demandé d’écrire ses mémoires. Mais il a préféré en faire un roman. C’est l’histoire d’un jeune garçon, qui apprend le piano, et qui évolue dans un théâtre à l’italienne où ses parents sont artistes. Ça se passe pendant la guerre civile. Le livre est intéressant, cependant Edith n’a pas beaucoup aimé certains aspects de la traduction. Par exemple, la façon qu’a eue le traducteur de tenter la retranscription d’un mauvais accent catalan…

 

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Edith a aussi lu Les choses humaines de Karine Tuil. Très intéressant. Un journaliste de la télé, un « vieux beau », qui a beaucoup de succès, est marié à une essayiste féministe, universitaire. Leur fils réussit bien, il veut faire des études aux Etats-Unis. La richesse de ce livre, c’est sa subtilité, sa finesse. Les gens ne sont pas « tout blanc/tout noir ». La deuxième partie relate le procès. C’est une machine judiciaire qui s’installe. Quel sera la décision des jurés ? Quelle sanction va être appliquée et quels seront les effets sur la vie de l’accusé ?
Un roman qui interroge la question du viol de façon intelligente.

 

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Catherine a parlé du dernier roman de Patrick Modiano, Encre sympathique , un livre totalement modianesque. Il m’a bien plu, mais avec le temps, je m’aperçois qu’il disparait très vite de ma mémoire… Ses points forts : un puzzle parfaitement agencé dont les éléments s’assemblent à la fin du roman. Il y a les éléments classiques que l’on retrouve dans « les Modiano » habituels : Paris, la nostalgie, la séduction, le mystère… mais j’avoue que j’ai eu l’impression de lire un livre qui aurait pu avoir été écrit dans les années 50 ou 60… disons que j’ai passé un bon moment, mais que je n’ai pas été éblouie.

 

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Guillemette a voulu évoquer L’été meurt jeune de Mirko Sabatino. Ce sont trois adolescents dans un village des Pouilles. Le 12 aout 1963 il se produit un drame qui va changer leur vie, à la suite d’une bagarre qui dégénère.
Ce livre l’a emportée ! On est avec cette bande d’ado, dans leur vie quotidienne, qui ont tous les trois des pères problématiques (l’un est fou –enfermé-, l’autre séquestre sa mère, le dernier est mort).
C’est un premier roman très maîtrisé. Il n’y a pas de longueur, les personnages sont bien campés, l’écriture sert le texte, pas spécialement poétique. C’est un roman tragique. Une belle histoire d’amitié dans laquelle on se fait embarquer.