Avril 2021

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Édith a commencé par un gros coup de cœur : Des diables et des saints de Jean-Baptiste Andrea. C'est le troisième roman de l'auteur qui a déjà son fan club, après Ma reine et Cent millions d'années et un jour.

            L'histoire commence avec un vieux monsieur qui joue de piano dans une gare. Il change de gare tous les jours, joue du Beethoven uniquement. Il joue tellement bien que des gens lui demandent de venir jouer chez eux. Mais lui refuse, il va jouer dans les gares pour quelqu'un qu'il veut retrouver. On revient ensuite à son enfance, où les circonstances l'ont conduit dans un orphelinat près de l'Espagne, un lieu sordide tenu par des religieux austères, sur un sommet pyrénéen. Ce n'est pas une histoire qui remonte très loin, l'homme pourrait avoir dans les 65 ans. Élément important, il y a un tunnel de cinq kilomètres entre la France et l'Espagne, dans lequel le train frôle de chaque côté les parois... Mais Édith n'en dit pas plus !

            C'est quasiment un thriller. Ce livre a plu à Édith car c'est bien écrit, émouvant, il apporte des choses nouvelles, on a envie d'aller faire des recherches sur Beethoven par exemple.

            Recommandé par Édith !

 
 
 
 
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David a parlé de L'Anomalie d'Hervé Le Tellier, prix Goncourt. L'histoire est savoureuse. Pour David, le sujet est comment on gère un phénomène incompréhensible. La moralité, c'est qu'on n'y arrive pas ! On reste une civilisation de contrôle et de l'explication qui est incapable de se confronter à des choses qu'elle ne comprend pas. Le livre pose la problématique du double, qui n'est pas un clone mais une personne en deux exemplaires administratifs. Se pose la question du statut administratif et du statut religieux. Le Tellier joue avec ses concepts et c'est réussi ! Il y a une dizaine de personnages, qui ont pris un avion ensemble. Les personnages sont intéressants, c'est un plaisir de le lire. De plus, ça donne une idée plus sympathique du prix Goncourt.

            David a eu l'impression d'avoir dans les mains un « objet dynamique », beau compliment !

            Notons tout de même que le livre semblait faire l'unanimité au sein de club de lecteurs, mais Mireille a moins accroché sur la deuxième partie...

 

 

 

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Guillemette a aussi lu d'autres livres de l'auteur, très drôles car ce sont des jeux littéraires appartenant au mouvement de l'Oulipo (ouvroir de littérature potentielle). On pourra se délecter en lisant par exemple Joconde jusqu'à cent, un recueil de courts thème et variations sur La Joconde, ou bien sur l'un des multiples livres originaux et bourrés de fantaisie qui se trouvent dans les collections de la médiathèque.

            Vous pouvez dorénavant voir la vidéo de la rencontre filmée samedi 10 avril à la médiathèque, entre Hervé Le Tellier et Etienne Klein, dans le cadre du festival Hors Limites.

 

 

 

les freres lehman

Marie-Séverine a parlé d'un livre de Stefano Massini : Les frères Lehman. Il s'agit d'un livre très étonnant, écrit sous la forme d'une épopée, les personnages sont un peu grotesques, les traits sont grossis. C'est burlesque mais pas loufoque. Il s'agit des frères Lehman de la banque du même nom. Ce sont eux qui sont à l'origine de la crise des subprimes en 2008, au cours de laquelle la banque avait fait faillite. Au théâtre du Rond-Point, Marie-Séverine avait vu une pièce sur le sujet, très longue mais passionnante. Avec ce roman, écrit en vers libres ! On comprend mieux les mécanismes qui ont provoqués la crise. On assiste à une sorte de cours d'économie, on comprend, même si on n'est pas du tout féru ou amateur d'économie. On y apprend comment a été créée la bourse, Wall Street, comment les immigrés d'Europe centrale ont pu s'intégrer au 19e siècle au sein d'une population autochtone attachée à la terre. Un pavé tout de même de 841 pages... qui a passionné Marie-Séverine autant pour son style que pour son sujet. Idéal pour se sentir capable de mieux comprendre l'économie.

            Franchement un coup de cœur, totalement atypique. Il ne ressemble à aucun autre.

 

 

 

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Mireille a parlé de La cuillère de Dany Héricourt, un roman que plusieurs ici ont lu et beaucoup aimé.  Un roman qui n'est pas léger mais qui a de la légèreté, nuance ! Mireille a aussi a parlé du dernier roman de Gaëlle Josse, Ce matin-là. Une autrice fétiche du club de lecteurs dont chaque livre a du être présenté depuis ses débuts. On avait beaucoup aimé ses premiers romans depuis Les heures silencieuses, Le dernier gardien d'Ellis Island, L'ombre de nos nuits, entre autres.

            C'est l'histoire d'un burn out. Une femme sort de chez elle un matin, et ne peut plus avancer. Elle s'enferme chez elle et ne veut plus sortir. Elle se ferme à tout, ne veut plus voir personne et ne répond plus au téléphone. On ne sait pas pourquoi. Elle est en fait malade à cause de son travail, qui a atteint un niveau de non-sens total en plus de lui prendre toute son énergie. Il semble que le burn out est le fruit d'un surmenage conjugué à une grosse perte de sens. C'est très bien écrit et décrit, du début à la fin. L'héroïne reprend vie grâce à une amie, la fin apporte une note d'espoir. Comme le dit Guillemette, cette épreuve permet, après une longue période de dépression, de relancer sa vie sur une nouvelle voie avec plus de force.

            Un livre pas très long à lire mais qui est recommandé par Mireille.

 

 

 

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Micheline a parlé de Tout cela, je te le donnerai de Dolorès Redondo. C'est une espagnole qui écrit des romans policiers (à ne pas confondre avec Leonor de Recondo, qui a écrit Manifesto). L'histoire de départ est assez classique : un auteur est marié avec un homme, à Madrid, qui meurt dans un accident de voiture. Le problème, c'est qu'il est mort en Galice, alors qu'il était censé être à une réunion. Il part en Galice, à la recherche de sa famille qui l'avait rejeté du fait de son homosexualité. Commence une enquête. Il est d'abord écœuré d'avoir été trahi par son conjoint. Il retrouve la famille, aristocratique, dans cette région reculée de l’Espagne. À chaque pas de cette enquête, il fait de nouvelles découvertes qui le sidèrent. Il découvre les vignes, le petit peuple à la botte de l'aristocratie. Tout est étouffé.

            Micheline a bien aimé les personnages, notamment celui du policier à la retraite qui l'accompagne et l'aide à mener l'enquête. Petit à petit, il découvre un autre Alvaro, se met à le détester. Elle a aimé aussi les belles descriptions des paysages de la Galice.

            Édith recommande aussi la Trilogie du Baztan, une série qui se passe au pays Basque espagnol. On y suit une jeune femme qui mène l'enquête.

            Recommandé par Micheline et Édith.

 

 

 

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Guillemette est la première à évoquer ce livre traduit de l'américain dont la presse a beaucoup parlé ces derniers mois. C'est Un bref instant de splendeur d'Ocean Vuong. C'est un premier roman, qui porte bien son titre ! Il a deux intérêts : c'est un enfant vietnamien émigré aux États-Unis, qui raconte sa vie là-bas. C'est le premier livre sur le sujet. Il est issu d'une relation entre sa grand-mère et un soldat américain lors de la guerre du Vietnam. Il vit avec sa famille dans une petite ville triste. Métis, sa mère lui répète tous les matins qu'il est vietnamien, comme une mise en garde. La forme aussi est extraordinaire. Il écrit ce texte comme une lettre à sa mère qui ne la lira pas car elle est analphabète. Elle est manucure et travaille tellement qu'elle est toujours épuisée. La lettre est à la fois pleine de tendresse et d'amour, et en même temps ce sont des règlements de compte. Il découvre son homosexualité, là où c'est déjà difficile d'être un asiatique. Il lit énormément, va à la médiathèque, les livres le sauvent. Il fait des études universitaires.

            Ce livre est parfois violent, mais on ne se sent jamais voyeur. On est surpris par la maîtrise de l'écriture, qui passe de points de vue différents à des types d'écritures différents. On n'a pas la sensation d'une autobiographie, même si c'est écrit à la première personne. Ocean Vuong est connu aux États-Unis pour ses poésies, il y est publié et a reçu des prix pour elles.

            Énorme coup de cœur !

 

 

 

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J'ai parlé de Rivages de la colère de Caroline Laurent, un livre qui est beaucoup revenu sur les blogs littéraires et sur les pages de critiques que je consulte pour constituer les commandes de romans. C'est un roman à veine historique, dont le fond est l'histoire de l'archipel des Chagos. À la fin du livre, il y a un petit dossier avec des références pour aller plus loin.

            En 1967, l'île Maurice a obtenu son indépendance. L'archipel des Chagos, qui appartenait comme Maurice à l'empire colonial britannique, a été vendu par celle-ci aux Américains pour leur permettre d'y installer une base militaire aérienne. Toute cette opération a été faite de façon discrète pour éviter révolte et contestation. Dans ce petit archipel corallien paradisiaque de l'océan indien vivait une population peu nombreuse, dont la quasi seule ressource était le coprah (la noix de coco). Les gens y vivaient simplement selon des traditions ancestrales, ravitaillés régulièrement par bateaux venant de Maurice. Mais en 1971, c'est l'armée anglaise qui a expulsé en une heure toute la population à fond de cale d'un bateau.  Oublié des autorités, ils se sont retrouvés ouvriers dans les camps de canne à sucre, vivant misérablement dans des bidonvilles. Et surtout, avec interdiction d'y retourner...

            Pour illustrer cette histoire qui est celle d'une partie de sa famille, C. Laurent a imaginé une histoire d'amour en une chagossienne et un assistant du gouverneur de l'île Maurice, rongé par la culpabilité d'être associé à l'organisation de cet exil forcé. C'est leur fils qui une fois adulte, se lancera dans le combat pour la reconnaissance de leur cause.

            Un roman qui a pour intérêt de nous parler d'une cause inconnue de beaucoup, et qui se lit facilement.

            À lire.

 

Prochaines lectures qui nous font envie :

  • Dimitri Rouchon-Borie : Le démon de la colline au loup. Un roman terrible, coup de poing, sur le thème de l'enfance malheureuse.
  • Marc Elsberg : Zéro. Un thriller sur le trafic de données numériques
  • Milena Agus : Une saison douce. En Sardaigne, l'arrivée de migrants provoque le trouble.
  • Bernardine Evaristo : Fille, femme autre. Un roman qui aborde les questions de genre dans l'Angleterre d'aujourd'hui.
  • Camilla Grebe : L'archipel des larmes. Le meilleur polar du monde !
  • Jean-Paul Enthoven : Ce qui plaisait à Blanche. Une histoire d'amour avec une femme émancipée.
  • Sarah Chiche : L'emprise. L'histoire d'une relation malsaine entre u thérapeute et sa patiente.
  • Edouard Louis : Combats et métamorphoses d'une femme. E. Louis parle dans ce livre de sa mère, et de sa réconciliation avec celle-ci.
  • Yvon Le Men : La Bretagne sans permis. Le road-movie poétique de deux amis écrivains sur les routes de Bretagne, à bord d'une voiturette sans permis.

            À bientôt pour un club de lecteurs spécial polars. Je vous tiens informés très vite.

            Bonnes lectures !

 

Mars 2021

Mort à la Fenice
Béatrice a commencé en parlant de Donna Leon, une américaine qui vit à Venise et qui écrit des romans policiers qui s'y déroulent. « C'est génial ! » Ça parle d'art, de Venise, avec le commissaire Brunetti que l'on retrouve dans tous ses romans. On s'attache à ce personnage récurrent. Elle est assez critique vis-à-vis des l'Italie et des italiens, aussi elle a choisi de ne pas être traduite en italien, préférant échapper aux reproches que ceux-ci pourraient lui faire à propos de son point de vue. On commencera par Mort à la Fenice.
 
 
 
 
 
 
Briser en nous la mer gelée
 
Béatrice a aussi souhaité parler de Briser en nous la mer gelée, d'Erik Orsenna. C'est très long, très bavard, il faut aimer Orsenna ! On en reparlera ! C'est son dernier livre bien qu'il soit déjà sorti en format poche.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
je ne suis plus inquiet
Stéphanie a lu Je ne suis plus inquiet, de Scali Delpeyrat, un livre qu'elle a acheté en le trouvant présenté dans une librairie. Un titre qui fait envie par les temps qui courrent ! Ce sont des brèves autobiographiques, sur un ton humoristique. L'auteur parle de « celle qui lui a brisé le coeur », de ses parents qui ont vécu la guerre, des voix dans le métro et de leur tonalité. Du coup, Stéphanie ne prend plus le métro de la même façon ! Bon, l'auteur n'est plus inquiet, Stéphanie non plus ! C'est un petit livre de 62 pages très sympa. Merci Stéphanie, on tâchera de le procurer aux lecteurs de la médiathèque.
 
 
 
 
 
 
 
 
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Guillemette a lu Le royaume d'Emmanuel Carrere, dont on avait parlé jadis, car on ne manque jamais un livre de cet écrivain au club de lecteurs. Elle l'a donc extrait de sa pile à lire sur les conseils insistants d'une amie. Il y est question de sa période chrétienne, il fait une enquête sur le texte des évangiles. Il fait de l'exégèse, de façon historique, et dis « je ». il accepte d'être subjectif et l'assume en l'expliquant. Le livre se lit incroyablement facilement car l'écriture et simple, et l'on y apprend beaucoup, que l'on s'y connaisse ou pas en évangiles. C'est très érudit. Guillemette a aimé son honnêteté intellectuelle. Il donne des pistes pour comprendre l'histoire des religions et pas seulement le christianisme. Ce qu'il met en cause, c'est la façon dont on a institué les religions, il fait une sorte d'étude comparative des textes, mais ne remet pas en cause l'existence de Jésus. Il explique pourquoi il a perdu la foi.

L'avis d’Édith confirme celui de Guillemette, car à l'inverse de celle-ci, Édith n'a pas de connaissances religieuses mais elle aime son honnêteté et ce qu'il nous apprend.  

 

 

 

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Micheline a lu un livre de l'américaine Joyce Carol Oates Un livre de martyrs américains. Un monument de 860 pages, avalé très rapidement. Il marque l'opposition entre deux Amérique. En 1999, dans l'Ohio, un homme tue un médecin qui pratique l'avortement. Y sont opposés un milieu pauvre et un autre cultivé, des gens passionnés par leur travail. JC Oates raconte la vie des deux, l'assassin et le médecin. Le premier est démoralisé, il a perdu une petite fille, et trouve dans la religion un moyen de s'investir dans une cause, celle des anti-avortement. Le médecin lui est investi dans cette mission d'aider les femmes à avorter, au risque de ne pas beaucoup s'occuper de sa famille et de renoncer à une carrière plus prestigieuse. Oates donne la parole aussi aux familles, aux tournants qui ont changé leur vie. Elle donne la parole aux deux filles de ces hommes. L'une est passionnée par la boxe, l'autre est perdue par la mort de son père, et elle veut se venger. Ce que montre Oates, c'est que de chaque côté, les gens sont persuadés de détenir LA vérité, elle décrit beaucoup les questionnements de chacun.

            C'est un livre dur, ou la mort est présente tout le temps, mais il est intéressant. Il y a des passages atroces, où les militants anti-avortement décrivent des choses à peine croyables...

            Pour Guillemette, qui a lu de nombreux livres de JC Oates, cette romancière est dérangeante, car elle arrive toujours à faire en sorte qu'on puisse prendre fait et cause pour les différents personnages, mêmes s'ils sont quelque peu troublants. On peut ainsi entrer dans la tête d'un serial killer de façon très troublante !

 

 

 

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Édith a aimé L'inconnu de la poste, le tout nouveau livre de Florence Aubenas, la journaliste bien connue qui avait écrit Le quai de Ouistreham en 2010. Otage pendant cinq mois à Bagdad alors qu'elle était à Libération. Elle a aussi réalisé un reportage à la maison de retraite des quatre saisons de Romainville/Bagnolet. Édith n'aime pas lire les quatrièmes de couverture avant de commencer un livre car parfois ça dénature la lecture. Du coup, elle a eu la surprise de découvrir que les protagonistes existent vraiment. On y rencontre, entre autres, Béatrice Dalle, Eric Dupont-Moretti, et Gérald Thomassin, un comédien découvert au sortir de la DDASS et de familles d'accueil par Jacques Doillon. Thomassin a eu un César du meilleur jeune espoir en 1991. Le livre est écrit comme un roman. Il y est question de l'assassinat d'une postière dans un tout petit bureau de poste dans un village du Jura. Thomassin est soupçonné, il habitait juste en face. F. Aubenas a enquêté pendant sept ans.

            Hautement recommandé par Édith !

 

 

 

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Patrick a parlé de la biographie de Marina Tsvetaïeva, l'éternelle insurgée (1892-1941) par Henry Troyat (lui-même russe exilé). Un livre que Patrick a retrouvé dans sa bibliothèque personnelle. C'est le portrait de la poétesse russe, qui aborde sa vie privée et aussi la révolution russe à laquelle elle fut liée. Bousculée par l'Histoire, sa vie courte mais intense lui a permis de rencontrer des auteurs devenus célèbres comme Anna Akhmatova, Boris Pasternak, Vladimir Maïakovski, ou Rainer Maria Rilke. En exil en France pendant quinze ans, on peut regretter qu'elle ait été ignorée par les surréalistes. Elle est aujourd'hui considérée comme une des plus grandes poétesses.

 

 

 

 

Cafes de la mémoire

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Anne a parlé de Cafés de la mémoire de Chantal Thomas. Elle vient d'être intronisée à l'Académie française, au fauteuil de Jean d'Ormesson. On avait parlé il y a quelque temps de Souvenirs de la marée basse, un livre qui parlait de l'amour de sa mère pour la natation, un livre qu'Anne avait beaucoup apprécié (contrairement à Édith qui s'était un peu ennuyée).

            Là, elle parle des cafés, de la place qu'ils occupent dans sa vie. Elle décrit son enfance à Arcachon, et l'univers des cafés qu'elle imaginait. Anne trouve que l'approche qu'elle en a est très originale. Elle a un côté ethnologue lorsqu'elle parle des cafés parisiens et des gens qui les fréquentent. Nous avons tous, semble t'il, la nostalgie des cafés parisiens notamment qui sont de merveilleux lieux d'observation comme le dit Micheline.

            Chantal Thomas a publié aussi Café vivre, Chroniques en passant, un recueil de chroniques parues dans Sud Ouest.

 

 

 

 

le silence des vaincus

Mireille nous a fait découvrir le livre de Pat Barker Le silence des vaincus. Le sujet est la guerre de Troie revisitée. Les femmes vaincues sont vendues comme esclaves, elles sont considérées comme des trophées des chefs grecs. Elles doivent effectuer les tâches domestiques et sont priées de rejoindre le chef dans son lit quand il le souhaite. On y voit la querelle entre Achille et Agamemnon. On croise aussi Patrocle, l'ami d'Achille, Priam et autres personnages de la légende. On est à l'arrière-plan de la guerre de Troie, la narratrice raconte l'histoire de son point de vue. On peut lire l'Iliade après ce livre, ou la relire, c'est un autre point de vue. Tout est bien décrit, on est dans le camp des grecs.

            Mireille, helléniste, a adoré ce livre.  Un coup de cœur que nous allons acquérir pour les lecteurs de la médiathèque ! Un roman qui s'adresse à tous ceux qui souhaite connaître la guerre de Troie, sans avoir besoin d'être un spécialiste de la question.

 

 

 

 

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Annick a lu le dernier roman de Chloé Delaume : Le cœur synthétique. Elle a bien aimé sans être cependant subjuguée...

C'est l'histoire d'Adélaïde, 46 ans, qui vient de rompre après des années de vie commune avec son ami. Elle cherche un nouveau compagnon, qui finalement sera un chat...

            La liaison étant très mauvaise avec Annick, nous n'avons malheureusement pas bien entendu son avis sur le livre. Mais on a cru comprendre que ce n'est pas un grand coup de cœur pour elle, c'est pourtant « bien écrit » et « sympathique ».

 

 

 

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J'ai parlé d'un roman conseillé par Édith que je remercie de me faire une pré-sélection des romans qui valent le détour. Il s'agit de Un jour ce sera vide de Hugo Lindenberg, un premier roman qui fait partie de la sélection du Prix du métro Goncourt (un prix particulièrement apprécié à la médiathèque de Romainville, car il distingue un premier roman de qualité parmi un choix plutôt nombreux). J'ai beaucoup aimé la belle écriture parfois assez poétique, et aussi l'histoire. Elle est racontée par un enfant de 10 ans en vacances en Normandie, qui décrit sa rencontre avec un garçon qui devient son ami, Baptiste. Celui-ci appartient à une famille parfaite à ses yeux. C'est une histoire quasi intemporelle, que l'on peut situer dans le temps grâce à quelques détails, mais qui pourrait se passer à différentes époques.

            Vraiment un gros coup de cœur que ce roman, on a envie que Hugo Lindenberg en écrive d'autres ! Celui-ci est assez cinématographique, sensible, on est dans la tête de l'enfant qui navigue entre des personnages plein d'amour ou inquiétant, on vit ses angoisses, ses inquiétudes, ses rêves. On est avec lui au bord de la mer et on ressent presque le sable entre les doigts de pieds !

            Avis aux amateurs, il a enregistré une interview visible sur le site du festival Hors Limites.

 


 

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Stéphanie a parlé aussi de Dix neuf secondes de Pierre Charras, un livre qu'elle avait lu il y a longtemps, un roman percutant dont elle se souvient encore très bien.

 

 

 

 

 

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J'ai lu aussi La cuillère de Dany Héricourt, sur les conseils d’Édith et de Guillemette qui l'ont aimé. C'est un premier roman sélectionné pour le Prix du métro Goncourt. C'est l'histoire d'une ado qui vit au Pays de Galles, dans un hôtel tenu par ses parents au bord de la mer. Il y a une bonne ambiance, beaucoup de personnages, et malgré quelques désaccords, beaucoup d'amour entre eux. Alors que son père décède brutalement, elle trouve une étrange cuillère sur sa table de nuit, un objet qui ne peut pas être là par hasard. Alors elle décide de partir à la recherche de son histoire, pour découvrir le secret de son père. On suit alors son périple parsemé de péripéties parfois très drôles, sympathiques et parfois un peu farfelues. C'est un peu un roman d'apprentissage, une quête personnelle et familiale, et au bout du compte, un roman qui parle aussi d'Histoire.

            Gros coup de cœur !

 

Février 2021

pleine luneMicheline a beaucoup aimé le livre (paru en 1998) d'Antonio Munoz Molina : Pleine Lune. Un roman tout en noirceur. Ça se passe en Espagne, une petite fille a été violée et assassinée. Un inspecteur venu de Bilbao, traumatisé par ce qu'il a vu et vécu au Pays Basque à l'époque des attentats indépendantistes. Il est persuadé que s’il croise l'assassin dans la rue, il saura que c'est le coupable en croisant son regard. On croise des personnages en sa compagnie, qui sont décrits avec beaucoup de tendresse. C'est très bien écrit, le rythme est très lent, maison ne peut pas le lâcher. Ce n'est pas ennuyeux. Il y à la fois de la cruauté et de la poésie.

            Un régal !

            (il n’est pas dans les collections de la médiathèque)

 

 

 

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Patrick a lu la nouvelle d'Edgar Allan Poe : Le chat noir. Une nouvelle mythique de l'auteur américain, considéré comme l'inventeur du roman policier (traduit en France par Baudelaire). Pourtant, il n'a pas été convaincu par cette nouvelle très courte. Patrick, si j'ai bien compris, cherchait des éléments sur les superstitions liées aux chats noirs mais il n'y a pas trouvé son compte. Cette nouvelle fantastique et sombre n'est peut-être pas le meilleur texte pour se renseigner sur le sujet, mais c'est une nouvelle terrifiante à retrouver dans le recueil « Nouvelles histoires extraordinaires ».

 

 

 

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Marie-Séverine a lu Underground Railroad de Colson Whitehead, l'auteur américain de Nickel boys. Il a obtenu deux prix Pulitzer pour ces deux romans. M. S. pense que l’auteur cherche à retracer l’histoire de la condition des Noirs américains. C’est un livre qui se lit facilement et une recommandation de Marie-Séverine ».

 

 

 

 

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Annick a aimé Serge, le dernier roman de Yasmina Reza, la dramaturge qui a aussi écrit Art (la pièce de théâtre qui fut un grand succès). Il est très bien écrit. C’est l’histoire d’une famille juive avec trois enfants. On voit la famille évoluer, avec ses deuils, ses heurts, mais aussi toute l’affection. Annick trouve que c’est une belle écriture.

Très intéressant.

 

 

 

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J'ai parlé d'un roman de Sandrine Collette : Et toujours les forêts. Je me demande encore si c'est moi qui suis trop difficile ou bien... Je voulais lire un roman policier, pour changer un peu. Alors en me promenant dans une librairie, j'ai été attirée par ce beau titre énigmatique d'une autrice connue pour ses polars. En réalité, ce n'est PAS DU TOUT un roman policier, mais plutôt un mélange étrange entre roman du terroir et roman post-apocalyptique (un genre en expansion dans la littérature contemporaine de type SF). L'histoire commence par la naissance du héros Corentin qui est abandonné par sa mère chez l'arrière-grand-mère qui n'est pas enchantée de le recueillir. Il quitte la dame qui vit dans une vieille maison dans la forêt pour aller faire ses études à Paris. Avec ses amis, il se rend régulièrement dans les catacombes pour faire la fête. Jusqu'au jour où se produit la catastrophe. Tout est dévasté, les survivants sont très peu nombreux. Il survit et continue sa route, essaie de retrouver l’aïeule.

Honnêtement, j'ai trouvé ce livre très mauvais. Pas très bien écrit, énormément d'incohérences (les survivants comme par hasard sont les proches de Corentin, tout est dévasté sauf les panneaux routiers! Ce qui est quand même bien pratique, etc.). Il y a aussi le côté « à faire pleurer dans les chaumières » qui se marie avec l'angoisse actuelle du changement climatique. Je vais peut-être me faire des ennemis, car je ne lis que des critiques dithyrambiques sur ce livre, telle celle du dernier numéro de la revue Page qui le trouve « sublime » ...

            Si vous avez encore envie de le lire, dites-moi ce que vous en pensez !

 

 

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Anne B. a parlé de Continuer de Laurent Mauvignier. C'est un roman paru en 2016. Marie-Séverine l'avait beaucoup aimé. Anne aussi et elle l'a trouvé touchant. C'est l'histoire d'un garçon en pleine crise d'adolescence, pris dans un groupe, il fait une bêtise. Il vit avec sa mère qui vient de divorcer. En réaction, elle décide de l'emmener au bout du monde pour un road trip à cheval au Kirghizstan. Elle sacrifie pour ça la maison de famille bien aimée dont elle a hérité. Il se rapproche des chevaux, et évolue. La mère aussi change grâce à ce voyage.

            On pourra voir le film éponyme tiré de ce roman.

            C'est un « très beau roman d'amour filial ».

 

 

 

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David a lu Esprit d'hiver de Laura Kasischke. Un livre qu'il souhaitait lire depuis longtemps sur un conseil. Aux États-Unis, le 25 décembre dans une petite ville du Michigan, on est dans une famille composée du père, de la mère et d'une ado adoptée 13 ans auparavant en Sibérie. Le père va à l'aéroport chercher ses parents. Arrive une grosse tempête de neige, la grand-mère doit aller à l'hôpital, rien ne se passe comme prévu. L'ado est mutique, ou alors elle est insolente. Il y a quelque chose de bizarre. La mère est persuadée que quelque chose les a suivis aux Etats-Unis, quelque chose de mauvais. On attend de savoir de quoi il s'agit, ce qui fait du livre un « page turner ».

            Lisez-le si vous voulez passer un bon moment !

 

 

 

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Guillemette aussi s'est décidée à lire un chef d’œuvre (le chef d'œuvre de J.H.) qu'on lui conseillait depuis longtemps : Dalva, de Jim Harrison. Dalva est une femme. Ça se passe dans le Nebraska. Dalva vit en 1986, on voit la vie de ses père et grand-père cent ans auparavant. Ce qui est extraordinaire, ce n'est pas tant l'histoire que Le grand-père a été envoyé comme missionnaire auprès des Sioux pour les sédentariser, mais au lieu de les convaincre, il les a compris et est devenu ami avec eux, s'est marié avec une femme sioux. Il est devenu un fermier très riche. Dalva traversera tout le pays avant de revenir. Dalva est une lionne, elle fait peur aux hommes. Elle accepte de livrer les carnets de son grand-père à un universitaire qui étudie les Sioux. Guillemette a été subjuguée par les descriptions de paysages, de personnages tant humains, ranchers et autres. Jim Morrison fait partie de ces écrivains qui ont une capacité à être en osmose avec le monde. Il a une pensée qui fait du bien, une façon de dérouler le récit qui le rend très vivant. On va de surprise en surprise tout au long du livre. Les choses les plus importantes, on les apprend seulement à la fin.

            Un livre tellement beau qu'il a donné envie à Guillemette d'aller aux USA.

            Un magnifique coup de cœur !

 

 

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Mireille a lu La vie mensongère des adultes d’Elena Ferrante. Le roman se déroule à Naples comme dans la série à succès L’amie prodigieuse, mais cette fois ce n’est pas dans un milieu pauvre mais favorisé, intellectuel, aisé. Il s’agit de l’itinéraire d’une adolescente de 13 à 15 ans. C’est une sorte de roman d’initiation. Un jour son père dit qu’elle ressemble de plus en plus à sa tante Victoria, d’une façon péjorative. Ça la perturbe énormément. Elle s’observe et scrute son corps. Elle va chez sa tante qui va l’introduire dans un autre monde. C’est l’exemple de quelqu’un qui s’ouvre à la vie. On y voit bien aussi le quartier, ses habitants.

Un peu déçue au début, Mireille a apprécié quand même ce livre et le recommande.

 

 

 

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Edith a parlé du L’anomalie d’Hervé Le Tellier, dont on a beaucoup parlé d’autant qu’il a eu le Prix Goncourt. Le roman a été vendu à 700 000 exemplaires ! Édith a trouvé le premier chapitre accrocheur, et dans un premier temps ça ne lui plaisait pas trop. Mais ensuite, avec tous ces chapitres et ces personnages, elle a changé d’avis. Tous les personnages ont un point commun, ils ont pris un avion, et se sont retrouvés dans une situation délicate. Ça se passe en juin 2021. C’est donc un peu de la science fiction.la deuxième partie raconte ce qui se passe dans l’avion et juste après les événements, et dans la troisième partie, il se passe encore plein de choses.

Pour Edith, le livre vaut le coup et mérite le Goncourt.

 

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Par ailleurs, Le Tellier fait partie d’un groupe littéraire nommé Oulipo, l’ouvroir de littérature potentielle, un groupe basé sur la contrainte. L’anomalie se termine sur un calligramme, un texte écrit en forme d’entonnoir.

Puisque Edith nous signale que Le Tellier fait partie de l’Oulipo, je vous conseille ce très beau catalogue de l’exposition de la BNF sur ce groupe, un livre drôle et intéressant.


Guillemette nous conseille aussi la lecture des livres de Pascale Petit, dont nous avons 7 livres à la médiathèque, notamment Made in Oulipo. A trouver au rayon théâtre (pour la jeunesse).

 

 

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Annick a aussi beaucoup aimé Idiss de Robert Badinter, un récit racontant l’histoire de sa grand-mère. Un livre doux et sincère, plein d’amour. Aussi un hymne à l’école comme ascenseur social, vecteur d’égalité. On y ressent l’amour de R. Badinter pour la République au sens noble du terme.

 

 

 

 

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Edith a aimé Nature humaine de Serge Joncour. Alors qu’elle a toujours aimé ses livres, Edith a quand même une petite réserve sur celui-ci car ça se passe dans le milieu rural des années 70 à aujourd’hui, ça ne l’a pas passionnée comme les précédents. Il n’entrera pas dans son florilège de l’année !

 

 

 

 

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Anne B. recommande chaudement aussi Un balcon en forêt de Julien Gracq, dont l’écriture est un régal ! L’auteur est devenu un mythe du XXe siècle, il est publié chez José Corti et maintenant dans la Pléïade.

 
 
 
 
 
 
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Edith et moi avons beaucoup aimé Malgré tout, une bande dessinée de Jordi Lafèbre. C’est une belle histoire d’amour racontée « à l’envers », c’est-à-dire sous forme de chapitre qui partent de la vieillesse des personnages jusqu’à leur jeunesse.

Une recommandation !

 

Janvier 2021

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Edith a essayé de lire Un promeneur solitaire dans la foule, le gros livre de l’espagnol Antonio Munoz Molina. C’est une sorte de roman expérimental dans lequel il a tenté un « récit poétique du monde » qu’il a « encapsulé via des centaines d'entrées issues de ses voyages à Paris, à New York, à Londres ou à Lisbonne. Il s'intéresse tout particulièrement aux affiches, aux annonces publicitaires, aux tickets jetés et aux bruits de la rue qu'il considère comme des matériaux de rebut desquels émergent la réflexion et la pensée humaines » Je reprends ici le résumé de l’éditeur.

Il n’est pas facile à lire, selon Édith, c’est une relation de voyage parsemé d’images et d’illustrations.

 

 

 

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Elle a aussi été déçue par le roman d’Étienne de Montety : La grande épreuve, qui a eu le grand prix du roman de l’Académie française. Une distinction qu’il ne mérite pas si on en juge par l’écriture scolaire, le manque de profondeur des personnages et des situations, et le récit cousu de grosses ficelles… Passons !

 

 

 

 

 

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Heureusement, Guillemette a donné envie de lire La cuillère de Dany Héricourt, un joli coup de cœur agréable à lire, léger, et drôle. Edith et Marie-Séverine confirment ! C’est un livre léger sur des choses graves, une sorte de road-movie initiatique. L’histoire a évoqué à Guillemette L’hôtel New Hampshire de John Irving. Les personnages sont truculents, très bien saisis. L’héroïne est gaëlique, elle trouve une cuillère en argent avec des armoiries sur la table de nuit de son père qui vient de mourir. Elle part à la recherche de l’histoire de sa famille à travers ces armoiries.

C’est l’histoire d’une jeune femme qui se cherche, sans apitoiement sur elle-même, ce qui est plutôt rare dans ce genre de récit.

Une belle surprise que ce premier roman, ça fait du bien ! « Ça c’est de l’écriture, très maîtrisée, un livre très abouti ». Pour Marie-Séverine, c’est un « délicieux moment de lecture ».

 

 

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David a parlé de Leurs enfants après eux de Nicolas Matthieu, prix Goncourt 2018. Une chronique sociale. C’est un roman qui raconte la pesanteur d’un territoire (la Lorraine), géographique mais aussi social, et celui de l’adolescence. L’auteur se place à la hauteur de ses personnages, il fait un portrait assez désabusé de l’humanité, avec des personnages formatés pour l’échec, qui ne s’en sortent pas. C’est à la fois terrible et pathétique. Le livre se développe sur huit ans, par tranches de deux ans. David a trouvé ce livre assez triste.

Le livre est bien écrit, il s’agit d’un roman sur des gens « qui se tirent une balle dans le pied ». Le livre est habilement construit. David pense que celui-ci mérite son prix !

 

 

 

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Marie-Séverine a parlé de Seul dans Berlin, un livre écrit en 1947, publié en 1965 par Hans Fallada, un allemand ayant pris un pseudonyme. C’est l’histoire d’un immeuble à Berlin dont l’histoire commence vers 1940. On y observe le quotidien de ses habitants aux profils variés dans un quartier populaire. On comprend comment est constituée la population allemande de cette époque. Un couple habitant l’immeuble reçoit une lettre annonçant la mort de leur fils unique au front. Cette nouvelle fait basculer la vie du couple. Jusque-là soutien du régime nazi, y trouvant des avantages, ils deviennent résistants. Ils se mettent à distribuer des cartes postales dans les boites aux lettres d’autres quartiers, avec des messages de résistance. On assiste au jeu du chat et de la souris avec la gestapo, et à leurs petits actes de bravoures.

Un livre qui fait penser à ce qui se passe aujourd’hui, qui fait réfléchir à ce que l’on peut faire pour résister. Il a été encensé par Primo Levi.

À lire !

 

 
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J’ai parlé d’Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier. L’auteur est invité au festival Hors-Limites cette année à la médiathèque de Romainville (il se fera de manière filmée). Ce roman est un pavé de 634 pages, et l’écriture est faite de longues phrases qui font parfois plusieurs pages. Plusieurs personnes m’ont dit avoir eu du mal à le lire à cause de cette écriture particulière, c’est une écriture qui peut ne pas convenir, même à des grands lecteurs habitués à des styles différents. Personnellement ça ne m’a posé aucun problème, chacun ses goûts !  C’est une sorte de thriller psychologique. Plus on avance dans la lecture, plus la tension augmente, jusqu’à une sorte de feu d’artifice.

 

 

 

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Annick a lu le roman d’Olivier Adam : Falaises. Ça se passe à Etretat dans une chambre d’hôtel. C’est un livre paru en 2005. Il raconte l’histoire d’un homme qui revient dans la petite ville normande après le suicide de sa mère. Il s’interroge sur sa vie et sa famille. David aime lire les romans d’Olivier Adam qui décrit bien les personnages de pères défaillants. Edith trouve que ce sont un peu toujours les mêmes histoires dépressives. Mais au club de lecteurs, on l’aime et on suit ses dernières parutions !

 

 

 

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Brigitte a lu La petite dernière, le premier livre de Fatima Daas, une toute jeune femme de Clichy-sous-Bois, Seine-Saint-Denis. Selon Brigitte, ce livre (qui est sous-titré « roman ») ne présente aucune intérêt littéraire… L’intérêt de ce petit livre c’est qu’il se lit facilement, on peut le lire dans le métro. Il est fait de courts chapitres qui commencent comme des mantras : « Je m’appelle Fatima Daas, je suis française, je suis d’origine algérienne, etc. »

Ce livre est autobiographique. Il parle de sa condition de musulmane et d’homosexuelle, a priori deux choses incompatibles car taboues. Ce n’est pas un témoignage misérabiliste, on ne tombe pas dans le pathos. Brigitte a trouvé ce livre attachant car on manquait jusque-là de témoignage non intellectuel sur ces conditions. C’est un monologue. On sent à travers l’écriture une honnêteté. Ce petit livre est « très sympa », il paraît simple alors qu’il est très travaillé. Il reste comme une petite musique dans la tête.

Un conseil !

Pour information, Fatima Daas est issue comme David Lopez et Anne Pauly d’une formation universitaire de Paris 8, sous la houlette d’Olivia Rosenthal. Vous aurez plus de détails dans l’article suivant.

 

 

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Stéphanie nous a parlé du livre de Patrick Baud : Nanofictions. Ce sont des « nano » histoires, un tout petit livre qui contient plein d’histoires. Elle a l’impression d’avoir lu cent livres. On a pensé aux deux gros livres de Régis Jauffret, Richard Brautigan ou Félix Fénéon. L’auteur a un blog que Stéphanie recommande. Il cite en exergue une histoire d’Ernest Hemingway censée être la plus courte : « à vendre, chaussures bébé, jamais servies » …    On imagine toutes sortes d’histoires du coup à partir de si peu.

L’auteur est aussi le responsable de plusieurs BD disponibles à la médiathèque. Il regroupe dans chacun des quatre volumes des histoires vraies dessinées par plusieurs dessinateurs, ayant pour point commun de raconter des phénomènes étranges, inexpliqués, étonnants. Avis aux amateurs !

 

 

aveu de faiblesses

Mireille a lu Aveu de faiblesses de Frédéric Viguier. C’est l’histoire d’Yvan, un adolescent laid et plus ou moins handicapé, moqué et victime de sévices à l’école de ce fait. Ses parents sont un peu défaillants. Quand on découvre le cadavre d’un enfant dans les parages, il est accusé. Il finit par s’accuser du crime après un petit mensonge. C’est très bien fait, on suit la progression du jeune homme, qui clame tout d’abord son innocence. En prison, il arrive à se faire valoir, à s’épanouir grâce à son savoir-faire de menuisier. il faut le lire jusqu’au bout, car il y a un coup de théâtre qui retourne la situation. Malheureusement, il n’est pas encore dans les collections de la médiathèque, mais nous allons y remédier !

 
 
 
 
 
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David s’est lancé dans La constance du jardinier, de John Le Carré, décédé récemment, mais il n’aime pas trop, comme pour Un pur espion. Il trouve ça verbeux, long et un peu décourageant. Ça se passe dans le milieu de Big Pharma. Guillemette avait aimé de son côté. Chacun ses goûts ! C’est dommage, car il avait vraiment envie d’aimer ça !

 

 

 

 

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Guillemette a lu Le journal intime d’un arbre de Didier van Cauwelaert (2011). Il est très prolixe. Ce n’est pas de la grande écriture, c’est fluide. Ce qui est extraordinaire, c’est l’histoire. Celle d’un poirier qui a trois cents ans. Il y a toute l’approche scientifique qui est arrivée ces dernières années qui nous a montré à quel point les arbres sont vivants. Au début, l’arbre meurt, mais il continue à vivre. L’auteur fait de l’anthropomorphisme. C’est plaisant, un bon moment de lecture.

 

 

 

 

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Edith a voulu parler d’un bon livre. Elle a donc choisi le dernier roman de Mathias Enard, l’auteur de Boussole : Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs. Celui-là se passe dans les Deux-Sèvres près de Niort, où il vit. C’est un gros livre, très travaillé. Un jeune homme fait sa thèse sur la vie à la campagne, la ruralité. On verra plusieurs personnages extrêmement attachants, dont le maire du village qui est aussi le fossoyeur du village. Tous les ans, les fossoyeurs font un banquet où on mange et où on raconte des histoires. C’est truculent, paillard, drôle. Le héros écoute la vie des autres et se rend à la réunion de la confrérie des fossoyeurs. On apprend plein de choses, c’est le pays de Rabelais. C’est écrit dans une langue intéressante. C’est aussi un livre plein d’humour. Vraiment un conseil de lecture.

 

 

 

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Marie-Séverine a parlé de Né d’aucune femme de Franck Bouysse, qu’elle n’avait pas envie de lire au départ parce qu’elle n’aimait ni le titre ni la couverture.  Mais finalement, elle ne regrette pas de l’avoir lu. Sur les conseils avisés d’une amie, elle s’est donc plongée dans cette histoire qui lui a bien plu. C’est le journal d’une paysanne, Rose, qui nous emporte dans l’histoire. Brigitte avait détesté ce livre, alors que d’autres dont Edith avaient adoré !

On attend l’avis de nos lecteurs sur le nouveau livre de F. Bouysse : Buveurs de vent.

 

Bonnes lectures et à bientôt pour de nouvelles aventures livresques !

 

 

 

Decembre 2020

 OPAC Détail de noticepolitique arendtBamoussa a parlé d’un essai de la philosophe Hannah Arendt : Qu’est-ce que la politique ? elle n’a pas choisi la facilité ! Dans ce livre, H. Arendt aborde la question du rôle de la politique dans un contexte de bombe atomique et de totalitarisme.

Guillemette a aimé La société des belles personnes de Tobie Nathan. L’auteur, ethnopsychiatre, a cette double casquette avec celle de romancier. Dans ce roman, il raconte l’histoire de Zohar Zohar, un juif égyptien qui doit fuir son quartier pauvre et son pays en 1952. L’Egypte alors sous protectorat anglais a fait venir d’anciens nazis qui encouragent l’antisémitisme dans la population. Le héros part pour Paris où il rencontre des survivants de l’holocauste…

Une histoire probablement inspirée par l’histoire de l’auteur lui-même.

 

 

OPAC Détail de noticeMicheline a lu La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson, un roman islandais. C’est un vieil homme qui écrit à Helga, son amour de jeunesse pour se confier après une vie de labeur comme berger. Il y évoque un amour intense mais bref, ayant préféré rester dans la campagne à s’occuper de ses moutons plutôt que de la suivre ailleurs pour vivre pleinement son amour.

C’est un livre que Micheline a beaucoup aimé malgré ce regret que le personnage n’ait pas fait le choix de suivre l’amour.

 

 

 

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David a lu Le problème Spinoza d’Irvin Yalom. L’auteur est également psychiatre, et écrit des essais autant que des romans. Dans celui-ci, il est question d’Alfred Rosenberg un des fondateurs de l’idéologie nazie qui, en 1941, va piller la bibliothèque du philosophe juif néerlandais (1632-1677), excommunié et banni pour ses idées par sa propre famille. Le sujet porte sur le degré de fascination que Spinoza exerce sur l’idéologue nazi, dans un roman historique passionnant.

 

 

 

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Mireille a lu Les impatientes de Djaïli Amadou Amal, un roman qui aborde la question du mariage forcé et de la polygamie. Il a obtenu entre autres le Prix Goncourt des lycéens en 2020. C’est aussi une « découverte », celle d’une romancière camerounaise jusque-là inconnue chez nous. Elle explique par ailleurs avoir voulu raconter son expérience et surtout, faire en sorte que ses filles ne vivent pas la même souffrance.

 

 

 

 

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Marie-Séverine nous a parlé de Nickel Boys de Colson Whitehead. L’auteur américain a obtenu un deuxième Prix Pulitzer pour ce roman, après celui obtenu en 2017 pour Underground railroad, fait rarissime. Dans Nickel Boys, il raconte l’histoire d’une sorte de maison de correction pour adolescents noirs dans les années 50. Tiré d’une histoire vraie, ce roman évoque la maltraitance, la violence à l’égard des noirs aux Etats-Unis. Le héros, victime d’une erreur judiciaire, y atterrit et son avenir est gâché.

 

 

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Edith a parlé de Comédies françaises d’Eric Reinhardt. « Un livre copieux et drôle, bien écrit mais parfois ardu car très documenté. La première page, c’est-à-dire le faire-part de décès accidentel de Dimitri Marguerite, 27 ans, ne laisse pas le lecteur s’attrister : on va suivre ce jeune et brillant journaliste, sa vie amoureuse variée (il tombe subitement amoureux d’une inconnue rencontrée par hasard), amicale (il discute sans tabou avec son ami intime) et professionnelle : il enquête sur le lobbying et sur la naissance d’internet. Édith a aussi appris qu’un ingénieur français du nom de Louis Pouzin avait inventé un système de données à la base de la révolution numérique, le datagramme, mais qu’il fut interrompu dans ses recherches par Valéry Giscard d’Estaing en 1974, influencé par l’industriel lobbyiste puissant Ambroise Roux. On voit que l’invention d’Internet aurait pu être française si VGE n’avait pas préféré promouvoir le minitel !

Dimitri prend le thé avec la famille d’Ambroise Roux, dans sa propriété de Trégastel. Cela aura des conséquences terribles… Mêler histoire et fiction est jubilatoire.

Édith a passé de bons moments et bien rit et a été incitée à faire des recherches dans différents domaines pour approfondir les connaissances acquises dans ce roman.

 
 
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Édith a pu parler d’un autre livre lors d’un deuxième tour d’écran (à défaut de table). C’est celui de Diane Meur : Sous le ciel des hommes. A notre époque, dans un Grand-Duché imaginaire d’Europe centrale, les financiers y mènent le monde. Un atelier d’écriture : un groupe d’amis veut composer un pamphlet anticapitaliste. Un journaliste doit accueillir chez lui un jeune migrant pour écrire un livre sur cette cohabitation. Ce sont donc deux projets de livres qui permettent de suivre les trajectoires de ces personnages très divers et leurs relations, et bien sûr, de réfléchir au « monde globalisé. Le début est un peu abscons car chacun doit écrire un chapitre du pamphlet, mais finalement, c’est bien ! Erudit, mais bien écrit, donne des pistes de reflexions mais ne cherche pas à endoctriner. Tout est ouvert !

 

 

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Annick a aussi parlé du livre polémique de Vanessa Springora : Le consentement, dans lequel elle raconte et révèle son histoire d’emprise exercée sur l’adolescente qu’elle fut à 13 ans, victime de l’écrivain pédophile Gabriel Matzneff.  Un livre dont on a déjà parlé au club de lecteurs mais qui a encore un effet sur la société, après avoir provoqué une sorte de déflagration dans le milieu littéraire parisien

 

 

 

Novembre 2020

Patrick a parlé de L’affaire Cicéron de Ludwig C. Moyzisch, une histoire d’espionnage liée au débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944. Le héros est le valet de chambre de l’ambassadeur d’Angleterre à Ankara. Il vend ces renseignements aux Allemands, c’est-à-dire à l’auteur du livre qui est à l’époque attaché d’ambassade. Mais ceux-ci n’y croient pas et n’y accordent pas d’importance. Cet espion se fait avoir car l’argent qu’il a reçu en échange des documents est de la fausse monnaie.

Une histoire vraie racontée par un de ses protagonistes, qui aurait pu changer la face de l’Histoire (publiée en 1984 chez Christian Bourgois).

 

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David a lu un roman policier : L’accident de l’A 35 de l’anglais Graeme Macrae Burnet, un tout nouveau roman qu’il a lu pendant le confinement, écrit par un expert de Simenon. Ça se passe en Alsace dans les années 1980. L’intrigue est assez simple, un homme est mort dans un accident sur l’autoroute. Le policier qui est allé sur l’accident va voir la veuve pour lui annoncer la nouvelle. Celle-ci semble perturbée parce que son mari était censé être à un diner avec des amis et pas sur la route. Une ambiance un peu à la Chabrol, qui dépeint l’hypocrisie et la vie morose de la province des années 80.

Comme dit Edith, c’est bien de parler de temps en temps de romans policiers.

 

Marie-Séverine a choisi Que sur toi se lamente le tigre d’Emilienne Malfatto, publié par Elyzad. Le livre fait 77 pages, c’est un vrai coup de cœur pour M-S, c’est une sorte de tragédie grecque, c’est « ultra percutant ». C’est l’histoire d’une femme irakienne qui a eu une relation sexuelle avant mariage avec son amoureux. Mais celui-ci meurt, elle est donc condamnée à mourir par le bras de son frère ainé. Chaque membre de la famille est amené à donner son avis. A chaque fois, on a en parallèle un épisode de l’épopée de Gilgamesh. Un livre sur la condition des femmes, sur la lâcheté des hommes, sur le poids de la religion. Un texte très percutant.

Foncez ! même si ce livre ne procure qu’une heure de lecture, mais quelle lecture !

 

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Edith a lu le dernier roman de Metin Arditi : Rachel et les siens. L’auteur s’est déjà fait un nom après Le Turquetto, L’enfant qui mesurait le monde, et d’autres succès. Ça se passe à Jaffa, Tel Aviv, Paris, Genève et ça se termine à Jaffa. Une petite fille habite à Jaffa avec sa famille, au début du XXe siècle. Ils partagent une cuisine avec une autre famille. La sienne est juive, l’autre arabe chrétienne. Bien sûr, partager la cuisine permet de partager bien plus et de créer des liens.

Le livre est dédié à la mémoire de Martin Buber, un philosophe sioniste partisan de la coexistence pacifique avec les Palestiniens. Rachel, l’héroïne, aime écrire et deviendra dramaturge. Une histoire sur fond de conflit israélo-palestinien.

Une citation qui reflète l’esprit du roman : « Le problème, c’est que nous ne savons pas nous mettre à la place de l’autre ».

 

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Anne P. a parlé du livre de Capucine et Simon Johannin : Nino dans la nuit. Un livre qui lui a été conseillé par ses enfants. Les héros sont de jeunes adultes qui vivent dans la précarité. Ce livre parle de cité, de drogue, de petits boulots et d’amour, de comment on s’en sort ou pas.  Le style est très rythmé, le langage est jeune. Anne a été un peu déçue par la fin, elle a beaucoup aimé le début en revanche. C’est un univers très noir, dur, violent, mais ça lui a bien plu malgré tout. Un livre qui évoque aussi Fief de David Lopez, un roman percutant aussi sur la jeunesse actuelle en déshérence.

Les auteurs, conjoints dans la vie, se sont inspirés de leur existence pour écrire ce livre.

Simon Johannin a ensuite publié L’été des charognes, qui est disponible dans les collections de la médiathèque. Il vient de publier un recueil de poèmes : Nous sommes maintenant nos êtres chers (pas encore dans nos collections).

 
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Mireille a lu LE roman de la rentrée, Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier. Un gros coup de cœur, comme pour tous ceux qui m’en ont parlé. Passé à la Grande Librairie, l’auteur a voulu se lancer dans un genre de roman policier. Ça se passe à la campagne. Il y a peu de personnages, un couple avec son enfant, une femme peintre. Ce qui a plu à Mireille, c’est tout d’abord le style, ces longues phrases qui l’ont enthousiasmée. Puis l’histoire, un événement et une progression vers l’horreur. On ne peut pas se détacher de cette histoire qu’on peut appeler thriller. Les 600 pages passent très très vite.

Un livre en double exemplaire à la médiathèque pour essayer de répondre à la demande !

 

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Guillemette a voulu parler de : Les roses fauves de Carole Martinez, que l’on suit au club de lecteurs depuis ses débuts avec Le cœur cousu qui avait enchanté tout le monde. Elle écrit « magnifiquement bien, elle nous emporte ». Alors qu’elle a précédemment écrit sur le passé avec un peu de surnaturel, elle écrit là sur le présent et sur elle « en train d’écrire son histoire ». Au début, Guillemette était un peu mal à l’aise, ayant un peu l’impression d’un habit mal taillé dont on voit les coutures, mais très vite, C.M.  retourne vers la magie. C’est l’histoire d’une jeune fille qui apprend à se libérer des carcans. Edith l’a aussi lu, car après avoir tous les livres de Carole Martinez (dont La terre qui penche, Du domaine des murmures), elle avait très envie de lire celui-ci. Là, C. Martinez dit « je », elle parle d’elle, Edith est un peu déçue, comme son amie Claudine, grande fan de C.M.

Le sujet du livre, selon Guillemette, c’est comment on écrit un livre, pour ça c’est réussi.

 

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Anne B. a suivi les conseils d’Edith en lisant Farallon Islands d’Abbi Geni, un thriller. Les phrases sont très courtes. Elles décrivent bien ces îles situées à une quarantaine de kilomètres de San Francisco, en plein océan pacifique. Sur ces îles, pas d’arbres, que du rocher et des animaux sauvages. L’héroïne est photographe, elle va rejoindre des biologistes qui y étudient la nature. Chacun a une spécialité qui correspond aux saisons : l’arrivée des requins, des éléphants de mer, des oiseaux, etc. Elle va observer les observateurs.

                Ce qu’Anne a bien aimé c’est la capacité d’Abbi Geni de décrire les paysages et les personnages dont on ne connait pas grand-chose parce qu’on ne parle pas de soi là-bas. On est transporté dans un endroit battu par les vents, les tempêtes, on y suit le cycle de la nature.

                C’est très fort ! Les événements arrivent, c’est angoissant.

 

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Micheline s’est plongée dans Liv Maria de Julia Kerninon. C’est l’histoire de la vie d’une femme depuis le début (vraiment), son enfance libre sur une île bretonne, son père norvégien, sa mère qui tient un café. La famille au sens large est soudée. A 17 ans, elle est victime d’une tentative de viol. Sa mère prend une décision radicale : l’envoyer loin de cette île dès le lendemain chez sa tante à Berlin. Là-bas, elle découvre l’amour, une folle passion avec un professeur marié. Contrairement à ce qu’il a promis, il ne lui écrit pas, elle part à l’aventure. Arrive un coup de théâtre qui bouleverse sa vie. L’écriture fait bien ressentir les sensations. Micheline n’a pas trop aimé la fin du livre, un peu bizarre. Cependant, elle a bien aimé ce livre, car on sent dès le début qu’il va se passer quelque chose. Finalement, c’est le secret qui la bouleverse qui l’empêche de vivre.

L’héroïne est pleine de vie, c’est un beau personnage. L’importance des livres est omniprésente. Ça se lit très vite et très bien.

Donc, un conseil de lecture malgré quelques petits bémols.

 

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J’ai parlé du premier livre de Fatima Daas : La petite dernière. C’est un livre d’une jeune femme qui affirme dans de courts chapitres qu’elle est à la fois musulmane croyante et pratiquante, et aussi homosexuelle. Chaque chapitre commence par « Je m’appelle Fatima Daas », elle raconte sa vie à la première personne, décrit ses visites à la mosquée pour y chercher des réponses à ses préoccupations, tout en disant à l’imam que c’est pour une amie qu’elle vient. Elle ne s’interdit pas de vivre comme elle en a envie, mais elle réfléchit beaucoup aux effets de ses choix sur son entourage, et sur la compatibilité de ces deux particularités.

C’est un livre que certains considèrent comme une sorte de manifeste dans lequel la jeunesse exprime enfin des sujets tabous de manière franche. En tout cas, c’est un gros succès critique et de librairie.

J’ai parlé aussi d’un deuxième livre (oui je l’avoue !) : La tannerie de Celia Levi. C’est le quatrième roman d’une jeune femme qui a « cartonné » aussi en librairie, à tel point qu’il a dû être réimprimé rapidement car tous les exemplaires ont été vendus très vite. Il raconte la vie de Jeanne, une jeune femme fraichement sortie de ses études, qui commence à travailler après un job dans une librairie. Elle commence donc un nouveau travail dans un centre d’art nommé La tannerie situé au bord du canal de l’Ourcq. Il accueille des expos d’art contemporain, des animations telles que de la danse, du cirque, des concerts, etc. Ce qui est intéressant à mon avis dans ce roman, c’est d’abord la description de la précarité des jeunes qui entrent dans le monde du travail aujourd’hui. Il y a aussi des aspects très contemporains de la France contemporaine : camps de migrants, Nuit debout, manifestations, toutes choses qui ont fait l’actualité ces derniers temps. On la suit dans son évolution professionnelle, ses déceptions, ses amours, ses relations amicales, ses colocataires, ses parents, etc.

Ce roman décrit un personnage qui gravite dans le milieu de la culture, et qui découvre les espoirs et désillusions de toutes sortes, les hypocrisies, le piston, la politique, le management dans tous ses aspects, etc. Le rythme est peut-être un peu lent, mais Celia Levi est très douée pour décrire les atermoiements intellectuels et sentimentaux de Jeanne. Le portrait d’une génération sacrifiée.

Bref, je le recommande !

 

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Guillemette nous a parlé du petit livre de Barbara Stiegler : Du cap aux grèves. C’est un essai philosophico-politique sur la crise des gilets jaunes et jusqu’à aujourd’hui y compris le confinement. C’est un bon livre qui aide à comprendre ce qui nous arrive. Elle se place à un juste niveau sans colère mais avec une bonne perception de la société, ses dérives, et les pistes pour en sortir. Par moment un peu complexe à lire, mais ça vaut le coup !

 

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Edith aussi voulu citer le livre de Colum McCann : Apeirogon. Deux pères, un palestinien et un juif ont tous les deux perdu leur fille. Ils travaillent à promouvoir la paix ensemble. Un livre extraordinaire ! on en reparlera ?

Rendez-vous samedi 5 décembre via Zoom, faites-moi signe si vous voulez recevoir le lien pour participer.

 

Bonnes lectures à tous et portez-vous bien !

 

Octobre 2020

 

Dernier club de lecteurs avant re-confinement, nous nous sommes réunis avec masques et gel hydro alcoolique.

 

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Édith nous conseille la lecture de Betty de Tiffany McDaniel. C'est un roman américain qui est un des gros succès de librairie de la rentrée, l'histoire d'une jeune fille moitié Cherokee – moitié blanche. On en reparlera certainement.

 

 

 

 

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Micheline a beaucoup aimé un livre « à part » : Lumière d'été puis vient la nuit. C'est signé Jon Kalmann Stefanson, un auteur islandais.C'est la chronique d'un village de quatre cents habitants perdu au fond d'une vallée. Les vies des gens s’enchaînent avec tendresse. A part le bal et l'atelier de tricot tenu par un homme, les gens se croisent à la coopérative agricole. Sous l'apparence de « gens de rien » (comme disent certains), ces gens ont des vies bouleversées. Le directeur de l'atelier de tricot se met à rêver en latin, à se passionner pour les étoiles, etc. Les gens viennent le voir faire des conférences, parfois intéressés par les seins d'une femme présente plus que par le savoir dispensé...

JKS a de la tendresse pour l'humanité, ça fait du bien ! Ayant besoin de sortir de chez eux et de se rencontrer, les Islandais plus ou moins confinés du fait du climat sont aussi un peuple d'écrivains dont beaucoup sont traduits en France.

 

Annick a parlé de L'homme des jours heureux de Pierre Milovanoff. Un homme de 66 ans, metteur en scène, a arrêté ses activités. Il est amoureux d'une femme et aimerait bien aller plus loin. Annick l'a trouvé « un peu insipide et à la fois passionnant », car il y a des détails, c'est bien écrit. C'est délicieux, ce sont presque de petites pièces juxtaposées. Il a été couronné par le prix Goncourt des lycéens (livre qui n'est malheureusement pas encore dans les collections de la médiathèque).

 

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David a lu Le comte de Monte Cristo, un énoooooorme pavé en deux volumes, un classique d'Alexandre Dumas.

Edmond Dantès est sous-officier dans la marine marchande en 1815 à Marseille. Il est promis à devenir officier, va se marier à Mercédès, et tout va bien pour ce jeune homme de 19 ans. Tout va basculer en un seul jour. Car malgré les apparences, il a des ennemis : Danglard (comptable malhonnête pour l'armateur), Fernand (un soi-disant ami qui convoite Mercédès). Ces deux-là s'allient pour mettre en place un complot contre lui. Le jour de ses fiançailles, il est arrêté et amené chez le procureur du roi. C'est la période où Napoléon s'échappe de l'île d'Elbe et menace de reconquérir le pouvoir.  Edmond Dantès va être déféré sous le motif de complotisme bonapartiste. Il se retrouve incarcéré pendant quatorze ans au château d'If au cachot pour un crime qu'on ne veut pas lui expliquer.

Dans le deuxième tome, il a quitté la prison, devient comte et commence à organiser sa vengeance. Elle atteindra les trois personnes qui lui ont gâché la vie.

Ce que David a aimé, c'est la facilité de lecture de ce roman. C'est du Netflix avant l'heure ! On sent que Dumas l'a publié sous forme de feuilleton dans la presse. Il y a une partie roman policier, aventure, il y a des saisons (maritime, carcérale, italienne, etc.) Monte-Cristo, c'est le doppelganger de Dantès, la face noire du héros. Bon, on a dit au sein du club de lecteurs que c'est plutôt Netflix qui s'est inspiré de Dumas.

Détail non négligeable, Dumas était aidé par un collaborateur qui l'a aidé à écrire, et qui d'ailleurs lui a fini par lui faire un procès parce qu'il n'était pas payé à la hauteur de son travail.

Ceux qui l'ont lu sont d'accord avec David, c'est palpitant !

 

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Stéphanie, nouvelle bien-venue au club de lecteurs, nous a parlé d'un de ses livres fétiches, Le faucheur (1991) de Terry Pratchett. Elle a réussi à le faire lire à sa mère et à sa grand-mère. D'ailleurs, elle a apporté son exemplaire personnel qui porte les traces de multiples lectures, ce qui est toujours émouvant ! L'auteur est connu par les Annales du Disque-Monde. Stéphanie a commencé par celui-là qui est le onzième d'une série de 35 qui peut se lire dans le désordre. Ce n'est pas vraiment de la science-fiction, plutôt du fantastique. Le disque-monde est un monde plat soutenu par quatre éléphants qui se baladent sur le dos d'une tortue. C'est totalement loufoque. C'est très drôle, c'est de la sf drôle, c'est « de la fantasy avec des bonbons ». Stéphanie est tombée amoureuse de Pratchett grâce au Faucheur, ça n'aurait peut-être pas été le cas si elle avait abordé l’œuvre de l'auteur par un autre livre.  Le faucheur c'est la mort qui prend sa retraite, du coup plus personne ne meurt, c'est le bazar total ! Il y a aussi un mage qui cherche à savoir pourquoi plus rien ne meurt. Un roman qui est aussi une satire, par un auteur aimant la parodie ! Ironie de l'histoire, Pratchett est mort, et Stéphanie raconte que le jour où il est mort, il a laissé un message pour dire que la grande faucheuse était venue et qu'elle avait été très gentille...

Pratchett, auteur anglais maître de l'absurde a été traduit par Patrick Couton qui a eu un prix pour ce travail car il y a plein de mots inventés difficiles à traduire.

Merci Stéphanie d'avoir parlé d'un auteur jamais abordé jusque là au club de lecteurs.

 

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Anne a lu Les porteurs d'eau d'Atiq Rahimi. Il a une écriture très poétique. Afghan d'origine, Rahimi vit en France depuis quasiment trente ans et écrit en français. Dans ce livre, il y a donc un chercheur d'eau pauvre en Afghanistan ; qui cherche des sources pour apporter de l'eau aux gens. Parallèlement, un afghan vivant en France s'interroge sur sa vie et pense beaucoup aux trois Bouddhas de Bamiyan détruits par les talibans. Il y a de beaux passages notamment à propos d'amour et d'art, qui ont séduit Anne.

 

 

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Anne a aussi parlé de Héritage de Miguel Bonnefoy. On avait apprécié précédemment Sucre noir, un roman sur l'arrivée de l'industrie pétrolière au Venezuela, mais aussi d'un roman d'amour. C'est dans ce nouveau roman l'histoire d'un alsacien qui part au Chili pour refaire sa vie, emportant avec lui un pied de vigne. C'est une saga de personnages français et aussi juifs d'Europe centrale, en Europe et en Amérique du Sud. Anne trouve que M. Bonnefoy arrive à mener le lecteur très vite dans l'histoire des familles victimes de pogroms, regrettant presque que le roman soit trop court pour décrire tant d'histoires dans la vaste Amérique du Sud.

 

 

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Guillemette a aimé Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson. C'est un écrivain voyageur. Excellent choix qui m'a permis de faire la promotion de Tibet, minéral animal, le magnifique livre de Vincent Munier, le photographe avec qui Sylvain Tesson est parti en quête de la panthère des neiges. Elle a donné son nom au dernier de l'auteur. (à chercher dans le rayon photo)

Le baroudeur, auteur à succès, a eu un accident, tombant d'un toit et s'est retrouvé dix mètres plus bas en très mauvais état. À l’hôpital, il s'est juré de traverser la France à pied s'il s'en sortait, il passe à l'acte et part par les chemins noirs. Ces chemins qui sont tracés en noir sur les cartes. Il traverse le paysage et en fait une leçon de géopolitique. Il explique comment et pourquoi le paysage a changé : mondialisation, disparition des clôtures et du bocage, etc. Guillemette a été surprise, elle ne s'attendait pas à ça. Parfois rebelle, parfois fataliste, il se bat avec son corps qui souffre. On n'est pas toujours d'accord, mais c'est écrit avec simplicité et précision. Du Sud au Nord, il va jusqu'au Havre, passant par des endroits où tous les commerces ont disparu.

Un petit livre, un vrai bijou !

 

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Patrick a lu Les aérostats d'Amélie Nothomb. C'est l'histoire d'une femme professeur de français. Elle vit en colocation avec une femme avec qui elle ne s'entend pas du tout. Sollicitée pour donner des cours particuliers à un adolescent. Le père est grisé par l'argent, très bourgeois. L'enfant est bloqué sur le français, elle essaie de le débloquer en lui faisant lire Le rouge et le noir, puis l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, puis Le bal du comte d'Orgel de Raymond Radiguet. L'ado de seize ans n'aime pas Julien Sorel car il n'est pas assez viril. Il aime bien l'Iliade mais pas l'Odyssée, car selon lui Ulysse est trop rusé, hypocrite. En tant que lecteur, on participe au développement du jeune. L'héroïne est un peu « draguée » par un de ses professeurs et aussi par le jeune. Tout ça est bien mené.

Patrick a bien aimé ce roman. Il a trouvé qu'on peut faire un parallèle entre les personnages du roman et les personnages des romans qui sont cités. On s'est demandé au club si ce roman n'était pas un peu académique, ce que Patrick a confirmé en précisant que c'est ce qui fait son charme.

 

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J'ai parlé du dernier livre d'Erri de Luca : Impossible. C'est un court roman de l'auteur italien. Le héros est en état d'arrestation, soupçonné d'avoir provoqué la mort d'un ancien camarade. Le « hasard » a fait que les deux hommes se sont trouvés au même moment au même endroit, et que l'un des deux est mort de façon accidentelle en chutant dans les Dolomites. Le roman alterne de courts chapitres, des lettres d'amour pour la compagne du narrateur, et des scènes de dialogue avec le jeune juge qui questionne le vieux militant, essayant de le pousser dans ses retranchements, de lui faire avouer qu'il a bien poussé son ex-camarade de lutte dans le vide.

Tout le roman est sous-tendu par une grande tension, il y est question d'amitié, d'engagement, de trahison, de temps qui passe, on se demande toujours quelle va être la parole qui va peut-être faire basculer le récit.

À mon avis, c'est un roman très intéressant qui pourrait plaire à l'héroïne du roman d'Amélie Nothomb cité par Patrick. En effet, c'est un de ces livres qui suscite beaucoup de réflexions, en qui probablement beaucoup peuvent plus ou moins se reconnaître, sur lequel on peut débattre longuement, et qui a une portée philosophique. Ce roman par certains de ces aspects, m'a rappelé Huis-clos de Sartre, ces romans sans « gras », avec peu de personnages, et qui vous laissent perplexes et qui touchent à des questions existentielles, vous travaillant encore le cerveau longtemps après l'avoir lu.

 

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Guillemette a parlé de d'Elisa Shua Dusapin, une jeune femme dont on avait aimé les deux premiers romans : Hiver à Sokcho et Les billes du Pachinko. Dans ce troisième roman, Vladivostok circus, c'est son monde que l'on retrouve. Une jeune femme costumière est embauchée pour faire les costumes des acrobates qui font un numéro de barres russe. La barre est sur la épaules de deux personnes et un voltigeur évolue dessus. Elle arrive en plein hiver à Vladivostok. Dans la troupe, il y a une femme voltigeuse et deux hommes. On apprend des choses sur le cirque et sur le costume. C'est écrit par petites touches, comme dans la vie. C'est son univers qui plaît beaucoup à Guillemette (et pas qu'à elle), des petites phrases courtes, des petites touches. Guillemette pense aussi à Haruki Murakami et à d'autres auteurs japonais (Aki Shimazaki), qui savent vous faire entrer dans un autre temps, l'air de rien. Ils ont la capacité à transcender les choses triviales en poésie.

 

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Annick a parlé aussi de Là où chantent les écrevisses de Delia Owens. Un premier roman. Ça se passe aux États-Unis. Un corps est découvert, on ne sait pas ce qui s'est passé. Une jeune fille pauvre, Kya Clark, qui ne sait ni lire ni écrire, est très proche de la nature. Elle vit seule dans la nature. Elle y vit seule depuis ses dix ans et est soupçonnée. C'est une histoire très belle, très verte. C'est une ode à la nature, avec une histoire particulière.

Un livre qui a beaucoup touché Annick.

 

 

Septembre 2020

Réjouissons-nous d’avoir pu nous réunir malgré la pandémie, même si nous avons dû abandonner café, thé et petits gâteaux, adopter distances de sécurité et parler de nos lectures à travers les masques... C’était tout de même très sympathique, surtout que nous avons accueilli un nouveau grand lecteur, David, avec plaisir !

Patrick a commencé en parlant d’un livre qui n’est pas dans les collections de la médiathèque, mais qui pourrait bientôt l’être ! il s’agit de Circé de l’américaine Madeline Miller. Elle s’est inspirée de l’Iliade et l’Odyssée d’Homère (faut-il le préciser ?). Circé est une magicienne qui vit sur une île où débarque Ulysse. Elle est fille du dieu Soleil et d’une nymphe, donc entre déesse et mortelle. Le roman est une suite d’événements qui mènent à Circé. Quand Ulysse arrive sur l’île, elle change les compagnons d’Ulysse en porcs. Celui-ci va donc négocier avec elle pour récupérer ses compagnons sous forme humaine. Tout est symbolique dans cette histoire. M. Miller prend quelques libertés par rapport à l’Odyssée. Par exemple, elle n’a qu’un enfant dans cette version.

Circé est un personnage sympathique, selon Patrick. Par ailleurs, on peut faire des parallèles avec certains événements contemporains. Une histoire chargée de symboles qui, comme la mythologie en général, nous semble tout à fait adaptée au monde contemporain.

 

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Micheline a lu Article 353 du code pénal, de Tanguy Viel. C’est un petit livre paru en 2017. Micheline l’a adoré, il l’a prise aux tripes ! Ne pas chercher l’explication du titre dans le Code pénal, l’article en question est expliqué à la dernière page. L’action se situe dans une presqu’île près de Brest. Un promoteur arrive dans un domaine plus ou moins laissé à l’abandon, et le gardien de l’endroit l’assassine (on apprend ça tout de suite, pas de divulgâchage !). Il le laisse se noyer après l’avoir fait basculer dans la mer depuis un bateau. Tout le reste du livre se passe dans le bureau du juge. Il essaie alors de comprendre pourquoi ce promoteur a réussi à séduire et à arnaquer toute une communauté. Le gardien, narrateur, décortique toute sa vie, s’interroge. Il s’interroge aussi sur ses relations difficiles avec son fils. Micheline a dû le lire par petits morceaux pour pouvoir « digérer » le texte, car il est plein de métaphores qui poussent à réfléchir. Non pas que le style ou l’écriture soit ardus, mais le texte est suggestif.

Un livre plein d’humanité.

L’avis est partagé par David, qui relève l’aspect manipulateur de l’agent immobilier. L’histoire va se dérouler sur plusieurs années, au cours desquelles les gens vont se faire avoir, se faire retourner par l’agent, au point que toute la communauté locale va être concernée. 

 

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Edith (partie en goguette, elle nous a laissé un avis sur une de ses multiples lectures !) a parlé de La commode aux tiroirs de couleur d’Olivia Ruiz. Connue plutôt comme chanteuse, Olivia Ruiz a écrit ce roman qui en fait raconte l’histoire de sa grand-mère, exilée en France avec sa sœur au moment de la guerre d’Espagne. Au début, la narratrice parle de la commode un peu encombrante dont elle hérite de sa grand-mère. Elle commence à explorer les tiroirs, et c’est toute son histoire familiale, déchirée par la guerre, qui réapparaît.

Edith a bien aimé ce roman (dont on parle beaucoup dans la presse), qui lui a rappelé celui d’Almudena Grandes : Le cœur glacé, un autre roman sur la Retirada, l’exil des républicains espagnols après la prise de pouvoir de Franco. Edith a aimé les 10 chapitres qui correspondent aux 10 tiroirs à secret.

J’ai aussi lu ce livre qui m’a plu, car j’y ai appris certaines choses sur le sort des exilés espagnols, un peu oubliés dans la littérature. Il est aussi truffé de beaux personnages forts en caractère et de drames familiaux terribles, marquant à tout jamais les membres de la famille et leurs descendants.

A Lire !

 

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David a lu beaucoup de livres qui le tentaient, et finalement il a choisi Cora dans la spirale de Vincent Message. Un livre dans la lignée de Orange stressée, un document sur la société Orange et le management qui a mené à une vague de suicide dans le personnel. V. Message parle de la mue d’un petit assureur du sud de la France dont la société grossit et commence à changer les méthodes de travail. Cora y travaille, et dès le début, on sait qu’il va se passer une catastrophe, mais on ne sait pas quoi. La tension monte tout au long du récit. Il se passe effectivement quelque chose qu’on n’attend pas. V. Message fait un beau portrait de femme chamboulée par un tourbillon.

C’est un livre dur avec une fin optimiste, dans le dernier quart, on assiste à sa reconstruction. On y est confronté au monde du travail où tout le monde est coupable, mais pas vraiment, le directeur, les cadres avec leurs objectifs de licenciements…

 

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Mireille a eu envie de parler de Le pays des autres de Leïla Slimani, qu’elle a beaucoup aimé. C’est l’histoire romancée de sa grand-mère. Mathilde donc, l’héroïne, se marie avec un soldat marocain venu faire la guerre en France.  On la suit dans son itinéraire difficile. Le livre est le premier d’une trilogie, il s’arrête en 1956, au début de la période d’accession à l’indépendance. Il y a pas mal de misère, de souffrance, même si c’est une histoire d’amour. On apprend beaucoup de choses. Mathilde est alsacienne, elle est donc mariée à un marocain, elle hésite à un moment à revenir en France, mais finalement retourne au Maroc après un séjour. Dans le roman, on découvre des groupuscules de marocains qui commencent à lutter pour l’indépendance. On comprend que même s’il n’y a pas eu de guerre d’indépendance, il y a eu des violences qui y ont mené.

 

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J’ai parlé d’un petit roman assez ancien (1961) et réédité récemment aux éditions du Temps des cerises avec une jolie couverture. Il s’agit des Jardins d’Allah de Pierre Gamarra. Le roman se passe en Aveyron, pendant la guerre. Un homme pauvre nommé Mohamed est ouvrier à la cimenterie du village, il ne sait pas lire ni écrire. Les habitants du coin lui donnent du travail, à la fois solidaires et un peu racistes. Il dort dans une grange, fait quelques travaux. Un jour, il dort dans une cabane dans la forêt et… lisez la suite ! Mohamed rêve d’apprendre à lire pour pouvoir consulter les conseils de jardinage du livre d’un de ses patrons, car son grand rêve, c’est d’avoir un jardin rempli de ses productions.

C’est un roman qui parle d’exil, de pauvreté, de monde rural, de guerre et de drames, d’injustice.

 

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Guillemette a souhaité reparler de La maison dans laquelle de Mariam Petrosyan. C’est vraiment un livre extraordinaire ! c’est le seul livre écrit par Mariam Petrosyan, qui a mis dix ans à l’écrire. Elle est arménienne et écrit en russe (née en 1969). Au départ, elle ne voulait pas l’éditer ! C’est un gros « pavé » de 953 pages.

On est dans un orphelinat, une maison qui accueille des enfants cassés, en fauteuil, handicapés, etc. On entre dans l’histoire par leur regard. Les adultes existent à peine. Les ados sont violents, ils se battent. On est dans leur monde, dans leur tête. Ils donnent des surnoms aux uns et aux autres, aussi aux lieux. Ainsi, l’infirmerie s’appelle le sépulcre. L’écriture de M. Petrosyan s’adapte à l’évolution des enfants, elle évolue en même temps qu’ils grandissent.

Un gros coup de cœur de Guillemette !

Guillemette l’a lu parce que Sylvain Pattieu l’avait cité dans son roman Forêt furieuse. Un livre truffé de références littéraires qui renvoie vers d’autres lectures ! Tout ce qu’on aime au club de lecteurs.

 

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Guillemette a aussi parlé de Thomas Vinau, jeune poète déjà auteur des 76 Clochards célestes (un recueil de textes sur des auteurs. Là il s’agit de La part des nuages. Un homme encore un peu enfant, père d’un enfant, se retrouve abandonné par la mère de celui-ci, et vit la chose poétiquement. Il part à la recherche de son âme d’enfant. C’est écrit avec de toutes petites phrases courtes, ce n’est pas glauque, il s’agit pour lui de retrouver son âme d’enfant. L’auteur a aussi produit plusieurs recueils de poésie.

C’est très beau, recommandé par Guillemette !

Marie-Séverine a eu un gros coup de cœur, elle a acheté le livre qu’elle avait rendu à la bibliothèque parisienne, après que celui-ci eut fait le tour de ses collègues et amies, pour pouvoir le prêter ! Il n’est pas aussi bien écrit pourtant que celui de Pierre Gamarra ou de Thomas Vinau, que M.-S. connaît bien, et pourtant ! C’est un premier roman, imparfait mais une fois qu’on est entré dedans, on ne le lâche plus. Il s’agit de Tout le bleu du ciel de Mélissa Da Costa.  Sans dévoiler la fin, on peut dire que dès le début on sait que le héros, un jeune homme, a un Alzheimer précoce. Il s’interroge sur sa vie qui lui laisse deux ans. Il décide de partir faire de la randonnée dans les Pyrénées (des Pyrénées orientales vers les Pyrénées atlantiques – jusqu’aux Hautes Pyrénées, sans aller jusqu’à l’océan), et d’y aller dans un Combi Volkswagen. Il se trouve que Marie-Séverine a un attachement très fort à la vallée d’Aspe qu’elle connait très bien, ce qui ajoute encore à son goût pour ce livre. Il lance une petite annonce sur les réseaux sociaux pour « recruter » quelqu’un pour l’accompagner, et il part avec une jeune femme un peu taciturne… Le roman raconte leur périple qui est magnifique. Guillemette a pensé au film de Zabou Breitman : Se souvenir des belles choses, qui parle aussi d’Alzheimer précoce.

C’est de la littérature qui fait du bien ! un conseil cependant : ne pas le lire dans le métro, car si on pleure en le lisant, les gens viennent vous voir et vous demandent s’ils peuvent vous aider ! Plutôt rassurant quand même. Du coup, Marie-Séverine nous recommande le livre ET la Vallée d’Aspe ! Merci Marie-Séverine.

 

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Annick a parlé d’un livre de Leïla Slimani Sexe et mensonge, un document sur la vie sexuelle au Maroc. Elle parle du regard des hommes sur les femmes au Maroc, l’hypocrisie de cette société où l’on se fait refaire l’hymen… Un document d’actualité intéressant…

 

 

 

 

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Guillemette a lu La fureur de la rue de Thomas Cook, un roman policier américain (paru en 2019) dont l’action se déroule en Alabama dans les années 60, à l’époque de la ségrégation raciale. Un policier est chargé de surveiller la sécurité des meetings de Martin Luther King et de mener l’enquête sur le meurtre d’une jeune fille noire. Un roman qui a passionné Guillemette surtout dans le contexte actuel de « Black Lives Matter ». Ses collègues méprisent les noirs et ne l’aident pas dans son enquête…

 

 

 

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Le confinement a eu un effet intéressant, c’est la redécouverte des classiques chez certains. C’est comme ça que Mireille a relu Noces de Camus, un très beau livre très poétique, et Les Misérables de Victor Hugo pour Micheline qui s’est régalée : c’est extraordinaire !

 

 

 

 

 

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Marie-Séverine a aussi parlé de Idiss de Robert Badinter, l’histoire de sa grand-mère exilée d’une famille de juifs russes en France. C’est un hymne à l’école républicaine et à la laïcité, choses qui lui ont permis de devenir ministre de la justice. On comprend mieux le sens républicain qui anime Robert Badinter au regard de cette histoire. L’histoire de cette famille méritait bien un roman !

Je vous invite à aller jeter un coup d’œil sur le portail de la médiathèque où vous trouverez les listes de nouveautés classées par genre, et que vous pouvez mettre dans des listes personnelles ou réserver (s’ils sont empruntés). Vous pouvez aussi mettre votre avis sur vos coups de cœur, faire des suggestions, etc. Un outil vraiment utile pour les amateurs éclairés de bonnes lectures !

Rendez-vous le 24 octobre pour le prochain club de lecteurs ! Le suivant aura lieu le 14 novembre. Le 5 décembre nous recevrons un couple d’auteurs de BD que sont Désirée et Alain Frappier pour une rencontre à laquelle vous êtes invités.

Bonnes lectures !

 

Juillet 2020

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Annick a parlé du roman de Paola Pigani : N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures. C’est son premier roman (couronné par huit prix littéraires !). On se souvient de son roman Des orties et des hommes (2019), l’histoire d’une jeune immigrée sicilienne et sa vie en Charente dans les années 70, à la campagne. Celui-ci avait eu un grand succès de librairie et au club de lecteurs.

Là, on est en 1940, un décret interdit la circulation des nomades. Les « Manouches » sont considérés comme des ennemis. Ceux de Charente sont mis dans un camp, dont Eva, 14 ans, et les siens. Elle y restera assez longtemps, plus que ce qu’elle imaginait. C’est une très belle histoire, dure, qui reflète l’ambiance de la guerre, la haine, la souffrance. Annick le trouve très bien écrit.

Dans les deux romans, on s’attache à la jeune fille, on regrette presque de la quitter.

 

 

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Edith a choisi de parler de deux livres de Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde et auteur de plusieurs livres. Elle fait des chroniques radio sur les usages de la langue française. Edith a parlé plus particulièrement de Au bonheur des fautes et Des bonbons sur la langue. Elle parle des fautes de français, des figures de styles, des erreurs de prononciation, etc. Edith s’est régalée et savoure ces livres avec délice, se gardant de lire trop vite pour faire durer le plaisir. Une découverte due à l’émission Les p’tits bateaux dans laquelle Noëlle Bréham invite des spécialistes pour répondre aux questions des enfants.   

Merci pour cette découverte Edith, d’une femme compétente et drôle, dont nous n’avons malheureusement pas encore les livres à la médiathèque.

On pourra aller voir aussi les livres d’Henriette Walter qui décrivent les différences régionales de l’usage du français de façon drôle et instructive, ainsi que les apports des langues étrangères passés dans le langage courant (à chercher au rayon linguistique, 440, et ne pas hésiter à demander ceux qui sont rangés en réserve !).

 

 

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Guillemette a adoré La maison dans laquelle de Maryam Petrosyan. Trouvé dans la bibliographie donnée par Sylvain Patieu dans Forêt furieuse qu’elle avait aussi adoré ! Bon, le livre est un énorme pavé, et Guillemette n’en n’a lu « que » 200 pages, mais elle est déjà sous le charme. M. Petrosyan a mis cinq ans à l’écrire, et quand elle l’a finie, elle en était comme en deuil… C’est un roman traduit du russe. Une histoire d’ados, dans une réalité qui ressemble à un monde fantasmatique. On rentre dans leur monde de façon progressive. Les ados sont les « roulants », handicapés, malades, ils habitent dans une institution. Ils ont tous un surnom. C’est presque aussi foisonnant qu’Harry Potter ! ils sont organisés en six équipes. Ce qui a étonné Guillemette, c’est qu’après 200 pages, on ne s’ennuie toujours pas. Il y a des intermèdes, qui expliquent comment cette maison a été créée, c’est comme une colo mais les adultes laissent les ados s’organiser et ne s’en occupent pas beaucoup. On observe leur monde à travers le trou de la serrure.

Bon, on peut ne pas aimer ! Mais Guillemette, qui travaille avec des jeunes de 10-16 ans, adore ça ! Un livre remarquable ! et surtout, merci les éditions Monsieur Toussaint Louverture, il n’y a pas de quatrième de couverture, et donc on n’est pas perturbé par quoique ce soit, on découvre la lecture totalement librement.

 


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J’ai parlé de : Le gang de la clef à molette d’Edward Abbey paru aux Etats-Unis en 1975. Ce roman culte très drôle raconte l’histoire de quatre amis qui se sont rencontrés plus ou moins fortuitement, et qui se lancent dans la défense des paysages de l’Ouest américain en procédant à ce qu’on appellerait aujourd’hui le terrorisme écologique. Comme le dit Guillemette, ce genre d’actions existait aussi en France dans les années 70 contre les centrales nucléaires, des activistes qui militent et/ou qui passent à l’acte…

Le roman, très cinématographique, est bourré de scènes d’explosions, engins de chantiers saccagés, courses-poursuites, errances dans le désert, etc. qui donneraient sans aucun doute un bon film d’action. Il est aussi typiquement seventies avec ses personnages : un vétéran du Viêt-Nam spécialiste de la survie en milieu difficile, amateur de bière et d’explosifs, une jeune femme amatrice de substance hallucinogènes et maitresse (très libre) du docteur qui procure le financement des opérations, et un mormons polygame guide de promenades sur le fleuve Colorado. Bref, un panel de personnages sympathiques qui ridiculisent la maréchaussée locale, qui mérite bien le sort que la joyeuse équipe lui réserve !

Un régal qui m’a procuré une longue période de plaisir pendant le confinement !

 

 

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J’ai parlé aussi du dernier livre de JMG Le Clezio : Chanson bretonne, suivi de l’enfant et la guerre, deux contes. C’est un petit livre très court constitué donc de deux parties liées entre elles par le thème de son histoire personnelle et familiale. Le Clézio raconte sa petite enfance en Bretagne (puis à Nice dans la deuxième partie). De courts chapitres parlent de sujets particuliers propres à la Bretagne, et aussi de ses ancêtres, humbles paysans du Morbihan des terres. Il évoque aussi son ancêtre parti définitivement à l’île Maurice, où il a lui-même grandit. Il y a donc un mélange d’histoire personnelle, familiale et de réflexions sur l’histoire de la Bretagne des cinquante dernières années, son évolution, le charme disparu de l’univers qu’il y a connu dans son enfance. Contrairement à ce qu’il dit à la fin du premier texte, je trouve ce texte nostalgique. Il est aussi riche de notions historiques instructives, on apprend beaucoup de choses sur cette région et son histoire récente.

Dans le deuxième texte, Le Clézio évoque sa petite enfance pendant la guerre et l’épisode qui lui a fait prendre conscience brutalement que la guerre était bien une réalité. Puis il raconte la période où sa famille était réfugiée dans un village de l’arrière-pays niçois, entre peur et insouciance des enfants, avant le départ en Afrique pour rejoindre le père séparé malgré lui par la guerre.

Voilà pour ce livre de récits d’enfance et de guerre, illustré d’éléments historiques et de réflexions sur l’évolution du monde, finalement un savant et savoureux mélange d’autobiographie et de descriptions socio-historiques.

 

Guillemette a aimé Ceux que je suis d’Olivier Dorchamps. C’est l’histoire « très intéressante » d’un enfant d’immigré marocain. Ce n’est pas une autobiographie, mais l’auteur, professeur d’histoire, et qui connait la question de l’exil, décrit très bien les préoccupations des personnages. Il se lit facilement, et plus le temps passe, plus Guillemette y pense en se disant « c’est vraiment bien » ! l’auteur est juste là où il faut, c’est-à-dire qu’il parle avec la distance de l’historien sans être dans le pathos de l’autobiographie.

 

Parmi les autres coups de cœur lus pendant le confinement et évoqués rapidement au cours de ce club :

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Avril 2020

À défaut de pouvoir se réunir comme d'habitude à la médiathèque pour discuter de vive voix, les membres du club de lecteurs continuent à nous faire part de leurs lectures et coups de cœur. Merci à elles ! (Elles parce que pour le moment, seules des dames ont envoyé quelque chose !)

Voici quelques-unes de leurs contributions.

 

Marie-Séverine :

 

OPAC Détail de noticeStation Eleven d'Emily St. John Mandel

Attention, ce roman est de circonstance et ne s'adresse qu'aux personnes pas trop angoissées par la situation actuelle.

Ce livre retrace le parcours de personnages dont certains sont les rescapés d'une pandémie qui ressemble furieusement à celle que nous vivons (d'où ma mise en garde).

Je cite la quatrième de couverture : "Dans un monde où la civilisation s'est effondrée, une troupe itinérante d'acteurs et de musiciens parcourt la région du lac Michigan et tente de préserver l'espoir en jouant Shakespeare et du Beethoven. Ceux qui ont connu l'ancien monde l'évoquent avec nostalgie, alors que la nouvelle génération peine à se la représenter. De l'humanité ne subsistent plus que l'art et le souvenir. Peut-être l'essentiel."

Ce livre m'a profondément marqué quand je l'ai lu (il date de 2016) car j'ai trouvé que l'auteur a su donner de la profondeur à ses personnages et l'optimisme et l'espérance dominent malgré le contexte difficile.

 

 

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Idiss de Robert Badinter

L'auteur retrace la vie mouvementée de sa grand-mère juive exilée à Paris juste avant la guerre de 1914. Nous voyons évoluer cette femme, de son enfance aux années noires de la deuxième guerre mondiale ainsi que sa famille. Robert Badinter la décrit avec beaucoup de tendresse et ce qui ressort de ce livre, malgré la fin tragique de son père et son oncle, c'est un profond respect pour la France et surtout pour ses "hussards noirs de la République". Ceux-ci l'ont protégé du racisme, lui ont transmis la beauté de la langue française, de solides connaissances et bases culturelles, et la possibilité d'accéder aux plus hautes fonctions. Tout ça grâce à l'Ecole.

 

 

Ceux que je suis d'Olivier Dorchamps

C'est un premier roman.

Marwan, un français d'origine marocaine, perd brutalement son père. Ce dernier souhaite être enterré au Maroc ce qui surprend toute la famille puisqu'il avait gardé peu de contact avec ce pays, pas même la langue n'utilisant que le français avec ses enfants. Marwan, grâce à ce voyage, va partir à la découverte de ses racines sans perdre ce qu'il est : un français, c'est tout.

Très joli roman sur l'importance de savoir d'où on vient. Il m'a particulièrement interpellée sur la façon dont ces "français" sont regardés ici à Paris.

 

Guillemette :

 

Vive la lecture qui nous fait voyager malgré le confinement chez soi !

Du coup j’ai eu envie de vous faire partager mes voyages par pays :

 

Au Japon

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Avec Aki Shimazaki et Le Poids des Secrets

Nous avons déjà parlé d’elle et de ses petits livres/bijoux, souvent en quatuor ou en quintette qui racontent une même histoire sous différents points de vue, espace ou temps.
Là nous sommes au Japon avant, pendant et après la bombe de Nagasaki. Une histoire de famille sur 3 générations, chaque fois du point de vue d’un des personnages.

C’est un régal de simplicité et de finesse.

 

 

Au Rwanda

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Avec Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi Mairesse

Un premier roman (qui fait partie de la sélection du Prix du (métro) Goncourt) qui mêle les voix de trois femmes et 1 homme ayant vécu les massacres du Rwanda : grand-mère, mère, fille et petit fils.

C’est poignant et j’ai appris énormément de choses.

 

 

 

Dans la Charente des années 60-70

 OPAC Détail de noticeAvec Des Orties et des Hommes de Paola Pigani

Découvert à la nuit de la lecture, grâce à la lecture d’une de nos médiathécaires.

Une plongée dans une ferme presque d’un autre siècle, au milieu des champs et du travail de la terre, des orties et des hommes, qui sont surtout des femmes, immigrés italiens en Charente en 1960
Pour moi, qui ai vécu mon enfance à la campagne, une belle histoire qui me raconte une partie de mon enfance, mais pour d’autres une histoire pleine du piquant et de l’utilité des orties.
C’est très attachant.

 

 

Dans une librairie d’Uzès

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Avec La librairie de la place aux herbes d'Eric de Kermel dont nous avait parlé Angélique lors d’un précédent club. L’histoire de cette libraire qui sait proposer à chacun un livre en fonction de ce qu’il est. Je me suis régalée.

 

 

 

 

 

Dans l’Amérique de l’esclavage et de la ségrégation

Avec Beloved de Toni Morrisson

Un (des) chef d’œuvre (prix Pulitzer en 1988) de cette immense autrice black américaine, prix Nobel en 1993.

Une fresque foisonnante terrible et attachante au milieu des noirs esclaves puis affranchis. Une écriture qui m’a laissé pantoise de tant de virtuosité. Un très grand livre.

 

 

Enfin à Romainville et au cœur de la maladie

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Avec Il est juste que les forts soient frappés de Thibault Bérard qui nous raconte avec pudeur, mais d’une façon extrêmement originale, la plongée dans la maladie. Malgré le sujet j’ai beaucoup ri. J’ai chanté et aimé ces personnages un peu fous.

 

 

 

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Et je voudrais vous parler de : Le Mur Invisible de Marlen Haufshoffer

Que j’ai découvert grâce à Pauline, l’une de nos médiathécaires, lors de la nuit de la lecture.
Merci Pauline.

C’est un livre qui a été écrit en 1963 en pleine guerre froide, et de crainte d’attaques planétaires.
Mais il paraît complètement adapté à la situation que nous vivons ces jours-ci.

Une jeune femme, venue passer quelques jours dans la maison de chasse de son cousin dans la forêt Autrichienne, se retrouve soudain séparée du reste du monde par un mur invisible.

De l’autre côté, le temps semble arrêté.

De ce récit dystopique, qui pourrait emporter vers la science-fiction, l’auteur choisit plutôt de faire un récit de survie et de retour aux sources.

La jeune femme se retrouve donc seule à survivre dans cette forêt et doit prendre son destin en main, aidé par les quelques animaux qu’elle rencontre et apprenant petit à petit le travail des paysans.

Et c’est un livre passionnant, presque haletant. Et pourtant il ne se passe presque rien, les saisons s’enchaînent, les petites victoires succèdent aux petites défaites, mais on vit au rythme de cet apprentissage incroyable.

 

Annick :

OPAC Détail de notice

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Certains m'ont énormément plus comme la série l'ombre du chardon de Aki Shimazaki, , où l'on retrouve le raffinement japonais, et où l'on redécouvre avec joie les mêmes personnages changeant avec le temps.

Le libraire de Kaboul de Asne Sierstad. Il s'agit plus d'un récit historique où l'on découvre un Afghanistan ruiné par les talibans en pleine renaissance et où le peuple tente de se défaire du passé pour créer une vie meilleure.

Sukkland Island, de David Vann : prix Médicis 2010

Une île sauvage au sud de l'Alaska, accessible par bateau ou hydravion, envahie par une forêt humide, hostile à la vie... Et pourtant, Jim décide d'y emmener son fils de 13 ans.

Très beau, mais très triste !

 

Béatrice :

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J'ai lu avec plaisir Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin (conseillé au club de lecteurs il y a quelques temps par Angélique). Une bonne lecture pour rester optimiste en ces temps de confinement morose.

J'ai lu aussi À l'absente, pour Florence Malraux de Martine de Rabaudy : bien écrit, mais tellement dur...livre écrit pendant la fin de vie de Florence Malraux, elles se connaissaient, et l'auteur assiste à l'évolution de la maladie de Charcot (paralysie progressive).

La fille de André Malraux, très indépendante, ne veut rien devoir à personne. On voit l'évolution terrible de sa maladie et les efforts qu'elle fait pour rester digne. Une belle leçon, mais bon....pas sûr que ce soit à lire en ce moment!


Merci à tous !